Kenya: Nouveau report du procès des 70 jeunes accusés de terrorisme après les manifestations de l'été

Au Kenya, c'est encore un faux départ pour le procès de 70 jeunes accusés de terrorisme à Nairobi. Ils ont été arrêtés lors des manifestations anti-gouvernementales qui ont eu lieu fin juin et début juillet 2025. L'audience a tourné court le jeudi 11 septembre. Au tribunal anti-terroriste de Kahawa, dans la banlieue de la capitale, les procureurs ont demandé un renvoi pour obtenir plus de temps afin de mener leur enquête.

Au Kenya, cela fait trois fois que l'ouverture du procès est repoussée. Dennis Mutei fait partie de 70 accusés. Il a été libéré sous caution, et aujourd'hui pour ce taxi moto, ces reports à répétition coûtent cher. « Je gagne environ 500 shillings, 3 euros par jour. Aujourd'hui, je ne travaille pas. Je perds de l'argent et je dois en dépenser pour venir ici. J'ai un emprunt pour ma moto, des factures à la maison, ça nous fait beaucoup de tort de venir deux fois par jour. C'est dur », explique-t-il.

Pour l'avocat de la défense, Andrew Muge, il s'agit d'une stratégie de la part du bureau du procureur, qui choisit de jouer la montre. « Nous attendions avec impatience de voir s'il y avait des documents qui prouvent que nos clients ont participé à des actes de terrorisme et nous n'avons toujours rien vu. Le bureau du procureur essaie juste de gagner du temps. Cette Cour a le devoir de protéger les Kényans du terrorisme, pas de condamner des jeunes pour avoir couru dans la rue », accuse-t-elle.

L'affaire renvoyée au 2 octobre

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Pour David Maraga, ancien président de la Cour suprême et candidat à la future présidentielle, l'État kényan abuse aujourd'hui de la loi anti-terroriste kényane. « L'unique raison pour laquelle on accuse ces jeunes de terrorisme, c'est pour les garder en détention. Les conditions de liberté provisoire sont très dures, mais ces charges ne tiendront pas et les procureurs le savent. C'est l'État qui terrorise la jeunesse », affirme-t-il.

La cour a fixé à 100 000 shillings, soit plus de 650 euros, la caution pour la mise en liberté provisoire. L'affaire a été renvoyée au 2 octobre.

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