Ile Maurice: 279 kilos de nourriture jetés chaque minute, une campagne nationale lancée

12 Septembre 2025

À Plaine-des-Papayes, hier, dans une salle simple mais animée, plusieurs femmes entrepreneures ou aspirantes, s'étaient regroupées pour écouter conseils et témoignages autour d'un thème qui touche chaque foyer : comment mieux gérer ses déchets alimentaires. L'événement a eu lieu en vue de la célébration de la Journée internationale de sensibilisation contre le gaspillage alimentaire, proclamée par l'ONU en 2019.

Dès l'ouverture, la ministre de l'Égalité du genre et du bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie, a rappelé l'ampleur du problème : «Le gaspillage alimentaire n'est pas seulement un défi environnemental. Il est aussi un enjeu moral, social et économique.» Selon la Food and Agriculture Organisation of the United Nations (FAO), 19 % de la production mondiale est encore jetée chaque année, soit plus d'un milliard de repas gaspillés quotidiennement, alors que 735 millions de personnes souffraient encore de la faim en 2023.

Face à ce paradoxe, la ministre a annoncé un programme national de sensibilisation axé sur des gestes simples : planifier ses repas, conserver correctement les aliments, comprendre les dates de péremption et réutiliser les restes. «Le véritable changement commence à la maison, dans nos cuisines, autour de nos tables et dans les conversations que nous avons avec nos enfants», a-t-elle insisté.

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La campagne se poursuivra dans les semaines à venir, avec des ateliers organisés dans trois autres régions du pays. Au programme, comment trier, comment faire de l'«achar» de «brinjel» farci et préserver ses fruits et légumes pour longtemps.

Surplus alimentaires

Mais au-delà des paroles, des données locales frappent encore plus fort. Chaque minute, 279 kilos de nourriture consommable sont jetés à Maurice, rappelle Lotilde Charpy, general manager de l'ONG FoodWise. «Cela signifie que le temps de cette rencontre, des tonnes d'aliments ont déjà fini à la poubelle, alors que 11 % des enfants de 4 à 11 ans souffrent de malnutrition.»

Depuis 2018, FoodWise a choisi d'agir. Avec un portefeuille d'une centaine de partenaires : supermarchés, hôtels, restaurants ou distributeurs, l'ONG redirige ces surplus alimentaires vers 250 ONG locales, qui les redistribuent aux familles vulnérables. «Nous faisons en sorte d'éviter que toute cette nourriture jetée, de la récupérer grâce à nos partenaires et de la distribuer à ceux qui en ont besoin», explique-t-elle.

Son collègue, Pascal Henry, Project Manager, rappelle pour sa part que le changement est aussi culturel : «Le changement commence avec soi-même. Mais à travers les individus, nous travaillons aussi avec les associations, les restaurateurs, les entreprises et les hôtels pour que les surplus alimentaires soient redistribués.»

Dans la salle, les participantes ont réagi avec intérêt... mais une question planait encore : pourquoi ce combat, qui concerne toute la société, semble-t-il reposer surtout sur des épaules féminines ?

À l'heure où la nourriture se gaspille à une vitesse folle, la lutte contre ce fléau devrait mobiliser autant les hommes que les femmes.

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