Tunisie: Lutte contre l'addiction au pays - Vers l'extension de l'offre des soins

12 Septembre 2025

En Tunisie, le quart de la population âgée de 15 à 64 ans a développé une dépendance à certaines substances psychoactives comme le tabac, l'alcool et les drogues illicites, ce qui représente un taux élevé, a affirmé le Docteur Nabil Ben Salah responsable de l'addiction au ministère de la Santé lors de son passage à la radio.

Les chiffres sont alarmants pour les jeunes âgés entre 15 et 17 ans chez qui la consommation de produits addictifs a augmenté au cours des dix dernières années. Ainsi la consommation de tabac chez cette tranche d'âge a augmenté de 22% à 30% de 2013 à 2021. Il en est de même pour la consommation d'alcool qui est passée de 6 à 8%. Mais le phénomène le plus alarmant réside dans la consommation de l'ecstasy qui a augmenté de 7% chez les jeunes.

Plusieurs facteurs environnementaux et familiaux seraient responsables de la hausse de la consommation de produits illicites chez cette tranche d'âge. Le stress, le mal être, le renfermement dans un monde virtuel renforcé par l'addiction aux réseaux sociaux qui véhiculent des images et des messages encourageant ce type de comportement et la pression des groupes sociaux facilitent de plus en plus l'addiction au tabac, à l'alcool et aux drogues.

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"En comparant ces chiffres à ceux des autres pays arabes et du Maghreb, nous sommes le pays qui nous rapprochons le plus des moyennes européennes en termes de consommation de tabac, d'alcool et de drogues, ce qui est alarmant, estime le responsable du département addiction au ministère de la santé, expliquant, par ailleurs, que l'addiction entraîne un changement de comportement qui se manifeste par un renfermement sur soi et de mauvais résultats scolaires et un besoin compulsif d'argent pour pouvoir se procurer ses substances psychoactives.

Selon le responsable au ministère de la Santé, les psychiatres et les psychologues y jouent un rôle essentiel, car la plupart des personnes souffrant d'addiction présentent également des troubles psychologiques.

Actuellement, les consultations sont disponibles dans plusieurs établissements, notamment à l'hôpital Razi, aux urgences du centre médical de Montfleury, ainsi qu'aux hôpitaux de Mahdia et de Sfax.

Afin de répondre à la hausse constante du nombre de personnes touchées, le ministère de la Santé prévoit également de renforcer les infrastructures existantes et d'en créer de nouvelles. Des consultations médicales spécialisées seront ainsi intégrées aux hôpitaux de Monastir et de Gafsa.

En parallèle, les centres de Djbel El Oust et de Thyna (Sfax) seront agrandis, et un tout nouveau centre sera construit à Monastir. Ces mesures visent à améliorer l'accès aux soins pour tous les patients souffrant d'addiction.

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