Cote d'Ivoire: Les recettes fiscales sont catalyseur pour une croissance ivoirienne plus inclusive

communiqué de presse

ABIDJAN — La Côte d'Ivoire affiche une croissance économique solide et une résilience remarquable face aux chocs mondiaux, selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur la situation économique du pays. Toutefois pour accélérer sa transformation économique et réduire durablement la pauvreté, elle devra renforcer la mobilisation de ses ressources internes.

Intitulé « Mobilisation des recettes fiscales : catalyseur de productivité et de transformation économique », la quinzième édition du rapport met en lumière les avancées économiques récentes du pays, tout en offrant une analyse approfondie des réformes fiscales en cours et de leur impact potentiel sur le développement.

Avec une croissance économique de 6 % en 2024, au-dessus des moyennes mondiale (2,8 %) et régionale (3,2 %), la Côte d'Ivoire continue de faire preuve de résilience, soutenue par l'investissement privé, la dynamique des services et une inflation maîtrisée à 3,5 %.

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Le pays a aussi amélioré son déficit budgétaire, passé de 5,2 % en 2023 à 4 % en 2024, et sa dette publique demeure soutenable, à environ 60 % du PIB. Bien que la pauvreté ait reculé, ramener son taux de 36,5 % à l'objectif de 20% d'ici 2030 exige une croissance plus inclusive. La Côte d'Ivoire devra s'appuyer sur un modèle de croissance plus équitable, centré sur la productivité, créateur de plus d'emplois, et une mobilisation plus forte des recettes fiscales.

« La Côte d'Ivoire a une occasion unique de transformer ses succès récents en une croissance plus inclusive, plus productive et résiliente. Pour y parvenir, la mobilisation des ressources fiscales est essentielle pour financer les services publics, les infrastructures et les investissements dans le capital humain, éléments clés pour atteindre le statut de pays à revenu intermédiaire supérieur », a déclaré Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division de la Banque mondiale pour la Côte d'Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo.

Le rapport souligne les progrès récents en matière de mobilisation des recettes, avec un ratio fiscal/PIB passé de 11,9% en 2019 à environ 14% en 2024 -- soit l'une des plus fortes hausses enregistrées dans la région. Mais cet effort reste sous l'objectif de 20% fixé par l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et à la moyenne de 21,7% des pays de même niveau de développement.

Selon le rapport, porter le niveau de mobilisation fiscale au-delà de 15 % du PIB pourrait accroître la croissance économique annuelle du pays de 1 à 2 points, lui assurant ainsi une nouvelle décennie de forte croissance, en moyenne de 7 à 8% par an. Cela permettrait de financer des investissements critiques dans l'éducation, la santé, les infrastructures et les programmes sociaux.

Les perspectives économiques à moyen terme demeurent favorables, avec une croissance attendue à 6,2 % en 2025 et à 6,4 % en moyenne jusqu'en 2027, portée par les secteurs des hydrocarbures, des services et de l'investissement privé. Mais des risques importants persistent, notamment liés à l'instabilité géopolitique, au changement climatique, aux tensions commerciales et à l'évolution de l'aide au développement.

Le rapport appelle à une transformation du modèle de croissance, reposant sur la productivité, le capital humain, l'investissement privé et une fiscalité performante pour bâtir une économie plus inclusive, compétitive et durable.

À propos du rapport

Le rapport « Mobilisation des recettes fiscales : catalyseur de productivité et de transformation économique » est publié par la Banque mondiale dans le cadre de sa série semestrielle sur la situation économique de la Côte d'Ivoire. Il offre une analyse approfondie des tendances macroéconomiques récentes et des enjeux de politique publique prioritaires. L'édition de mars 2025 a été dirigée par Djedje Hermann Yohou avec la contribution d'économistes et de spécialistes en gouvernance, pauvreté et secteur privé.

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