Il fut le premier disciple du premier khalife de Ndiassane, Cheikh Bou Kounta, Bounama Mbaye, arrière-grand-père du communicateur traditionnel, Bécaye Mbaye, a laissé derrière lui une famille qui perpétue sa tradition. Des décennies après sa disparition, ces arrière-petits-fils occupent encore le rang de dignitaires auprès de cette famille.
Il est certes plus âgé du premier khalife de Ndiassane, mais Bounama Mbaye a dû tisser des liens affectifs avec ce dernier dès sa naissance. Parmi les fils de la famille Kounta, Cheikh Bou a été son protégé.
« Notre grand-père l'a adoré dès sa naissance. Il l'a pris pour son chouchou. Il disait à tout le monde qu'il était son marabout et l'amenait avec lui partout où il allait à travers le village. Il ne le ramenait à la maison que pour lui donner à sa mère pour des besoins nutritionnels », rapporte, Pape Makhouradia Mbaye, un des arrière-petits-fils de Bounama Mbaye.
Compagnon de Cheikh Bou Kounta et il a été à ses côtés lorsqu'il fonda Ndiassane. D'ailleurs, rapporte son arrière-petit-fils, c'est cette proximité, cette amitié et cette fraternité entre les deux hommes qui ont fait que le khalife a ordonné qu'il soit enterré à ses côtés.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
« Quand notre grand-père est décédé, le Khalife Cheikh Bou Kounta s'est lui-même rendu à la place publique et a demandé à ce qu'on y érige sa tombe et il a demandé lui aussi à y être enterré une fois qu'il quittera ce bas monde. Ainsi, ceux qui viendront prier pour lui le feront aussi pour son compagnon. Or, il y avait 20 ans de différence entre les deux », narre-t-il avec fierté.
En réalité, renchérit Alpha Mbaye, le petit frère de Pape Makhouradia Mbaye, quand on évoquait Ndiassane, les gens pensaient automatiquement aux deux grandes familles. Il s'agit de celle du khalife et de celle de son compagnon.
« Au début le village ne s'appelait pas Ndiassane, mais Keur Bou. Il y avait à côté un autre village dénommé Ndiassane Sérère où vivaient des Sérères. Il n'y avait pas de puits dans les deux contrées et les habitants allaient chercher de l'eau à Keur Yoro Sadio », indique-t-il.
À un moment, l'accès au puits de Keur Yoro Sadio leur était interdit. Ainsi, ils se tournent vers Tivaouane à la quête du liquide précieux. Là aussi, ils seront privés du puits par les populations au fil du temps.
« C'est que notre arrière-grand-père a informé le religieux Cheikh Bou Kounta de la situation. Celui-ci s'est retiré avec lui dans la forêt voisine pour implorer son Créateur afin qu'Il puisse doter la cité d'eau potable. Ses prières ont été exaucées le même jour après qu'il ait effectué deux unités de prières. Cheikh Bou Kounta a réalisé beaucoup de miracles pendant son règne », souligne-t-il.
Ainsi, Bounama Mbaye dirigea la prière devant Serigne Touba, El Hadji Malick et Cheikh Bou Kounta
Ayant une maitrise parfaite du Coran, le compagnon du Khalife a su gagner son respect et sa considération, au point qu'il le désigna pour diriger la prière en présence de Serigne Touba, d'El Hadji Malick et de lui-même.
« Un jour, quand Serigne Touba est venu rendre visite à El Hadji Malick, ce dernier l'a conduit chez Cheikh Bou Kounta et mon arrière-grand-père était avec eux. Les religieux causaient jusqu'à l'heure de la prière de 17 h. Personne ne voulait diriger la prière et finalement, Cheikh Bou Kounta a demandé à notre arrière-grand-père, qui était aussi l'homme du village, de diriger la prière. Ce qu'il accepta. C'est une fierté pour nous. Donc, nous faisons partie des dignitaires de Ndiassane », rapporte-t-il.
Ndiassane et Tivaouane, deux familles, une mission
Elles sont deux cités religieuses frontalières sises dans la région de Thiès. Même s'ils ne suivent pas le même courant religieuse, Ndiassane et Tivaouane ont toujours eu des guides qui partagent la même foi, la même abnégation et la même mission pour la cause islamique et les recommandations du Prophète Mouhamed (Psl).
« Ce sont deux familles qui s'entendent bien et entretiennent des relations fraternelles. D'ailleurs, c'est ce qui justifie le fait que, quand Tivaouane a décidé de célébrer la naissance du Prophète (Psl), Ndiassane a opté pour la célébration du 7e jour de sa naissance afin que les deux familles puissent vivre ces deux événements dans la convivialité et la fraternité. C'est une décision prise de façon consensuelle », soutient Pape Makhouradia Mbaye.
D'ailleurs, poursuit son frère Sokhna Marème Sidy Kounta, était la fille de Cheikh Bou Kounta. Elle a été confiée à Serigne Babacar Sy. Ce qui prouve, d'après lui, les relations fraternelles entre les deux familles religieuses.
« C'est Sokhna Marème Sidy qui a élevé l'actuel porte-parole de la famille du Khalife, Cheikh Khalifa Bou Kounta, qui aussi porte le nom de Serigne Babacar Sy. Car, il est né à Tivaouane. D'ailleurs, El Hadji Malick Sy venait régulièrement rendre visite à Cheikh Bou Kounta. Il arrivait souvent que, quand il le raccompagnait, quand l'heure de la prière les trouvait entre les deux villages, ils prient sous un tamarinier », renchérit Alpha Mbaye.