Ile Maurice: Marche blanche, colère noire à St-Pierre

14 Septembre 2025

«Non à la drogue», c'est ce qui a résonné le dimanche 14 Septembre à Saint-Pierre. Une foule bigarrée, pancartes en main, s'est élancée dès 10 heures du matin du côté du Green Peace Cemetery. Derrière des slogans simples mais puissants, se lisaient une colère retenue, un espoir collectif et surtout une volonté ferme de dire non à un fléau qui détruit familles et quartiers à travers l'île.

La marche, organisée par le Conseil de district de Moka, a rassemblé habitants, jeunes, scouts, sportifs, élus et activistes. On pouvait voir côte à côte des familles venues en nombre, les membres de l'International Federation of Karate, du Groupe Actif de Circonstance, des députés Govinden Venkatasami et Babita Thannoo, l'activiste et membre de ReA Stephan Gua et surtout le directeur de la National Agency for Drug Control (NADC), Sam Lauthan.

Dès les premiers pas, le ton était donné : des regards graves, des poings levés parfois, mais aussi des sourires timides quand les enfants scandaient eux aussi les slogans. Le soleil de fin de matinée chauffait les épaules, mais c'était surtout la ferveur collective qui réchauffait les coeurs. Des pancartes blanches, tracées au marqueur noir, disaient l'essentiel : "STOP la Drogue". Aucun artifice, juste l'urgence d'un message. La marche s'est achevée dans une atmosphère solennelle au Village Hall de L'Agrément, où la fonction officielle a pris le relais des pas.

Sam Lauthan a pris la parole avec une émotion palpable. Après 63 ans de lutte contre la drogue, il n'a pas caché sa satisfaction : «Je suis impressionné par cette marche après 63 ans de combat. Un des plus gros obstacles qu'on a eus dans notre combat avec les autres activistes depuis toujours, c'était l'indifférence.

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Mais aujourd'hui ce n'était pas le cas.»Son discours sonnait comme un avertissement mais aussi comme une promesse : «Le problème de drogue est partout aujourd'hui, donc ça concerne tout le monde. Rarement a-t-on eu une telle foule mobilisée. Fode dimounn la so zanfan inn tomb dan ladrog pou li interes li a sa. Mais le travail continue.»

Il a rappelé que la NADC travaille en lien avec le gouvernement et le commissaire de police et qu'une commission nationale présidée par le Premier ministre et composée de 16 ministres va s'impliquer au plus haut niveau. Sur la légalisation du gandia, Sam Lauthan a été catégorique : «Bann kinn legalize pe rekile kouma Thailand. Sa gandia pe fime zordi la pa sa gandia ki ti pe fime avan. Lamwatie li medisinal, lamwatie li pwazon. Bann trafikan inn manipil plant la.» Pour lui, la banalisation du cannabis représenterait un danger supplémentaire dans une île déjà frappée par la prolifération de drogues synthétiques.

La députée Babita Thannoo a, elle aussi, insisté sur la nécessité de protéger les jeunes : «Je pense que cette marche est très importante et qu'une région se tient debout face à ce fléau. Nous avons fait une demande pour que notre région bénéficie d'une branche de la NADC.

Je trouve formidable la grande présence des jeunes qui souffrent beaucoup de ce fléau et qui n'ont pas peur de témoigner.» Dans la foule, des habitants exprimaient leur fatigue face à une situation jugée «alarmante». Tous avaient en tête le spectre de la drogue synthétique, qui ronge chaque quartier, souvent en silence.

 

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