Partis d'un village, plusieurs centaines de Marocains ont marché 60 kilomètres cette semaine pour rejoindre le chef-lieu de leur province. Ça s'est passé dans le centre du royaume, où depuis le mois de juillet, les protestations de ce genre se multiplient. Des villageois, surtout des hommes, parcourent des dizaines de kilomètres pour réclamer des services essentiels : l'eau, l'éducation et la santé, sur fond de défiance envers les élus locaux.
C'est une colère sourde, un mouvement de protestation très discret, loin des caméras. Tout a commencé dans la région d'Aït Bouguemez, dans le centre du Maroc, au début du mois de juillet, lorsqu'un groupe d'habitants a décidé de marcher pour dénoncer ses conditions de vie. Dans cette zone montagneuse de l'Atlas, où règne un fort sentiment de marginalisation, la contestation ne faiblit pas.
Les habitants dénoncent leur isolement. Ils réclament le désenclavement de la région, plus de routes, l'amélioration également des services de base. « Ces revendications ne sont pas nouvelles », commente Naima Ouahli, contactée par RFI. Elle est membre du bureau central de l'AMDH, l'Association marocaine des droits humains, pour qui ces personnes demandent « leurs droits les plus basiques ».
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Ce mouvement social spontané a éclaté un peu plus d'un an avant les législatives et vise en particulier les élus. Il révèle la profondeur de la crise de confiance des administrés envers leur classe politique dont ils critiquent les promesses non tenues et l'inefficacité. Le 29 juillet dernier, le roi Mohammed VI a lui-même fait le constat, dans un discours, de la persistance de disparités économiques et sociales au Maroc. Il avait alors appelé à un sursaut national pour corriger les inégalités territoriales.