En Tunisie, les bateaux de la Global Sumud Flotilla continuent de prendre le large pour Gaza. Depuis ce samedi 13 septembre, huit bateaux de la flottille arrivée de Barcelone et deux navires de la flottille maghrébine sont partis des ports de Bizerte, Gammarth et Sidi Bou Saïd. Ce convoi humanitaire d'une quarantaine d'embarcations au total veut briser le blocus israélien qui pèse sur l'enclave palestinienne pour y établir un corridor humanitaire.
En Tunisie, deux bateaux de la flottille maghrébine ont enfin pris la mer, le Mia Mia et le Alacatala. Ils transportent à eux deux 17 passagers : des Tunisiens, des Turcs, des Français, des Anglais, des Espagnols, des Pakistanais et un Koweïtien.
Du côté du port de Bizerte, à 70 km de Tunis, plusieurs bateaux de la flottille espagnole sont partis ces 13 et 14 septembre, mais on attend toujours le départ du Family Boat dans lequel se trouvent plusieurs personnalités, comme la militante écologiste Greta Thunberg ou encore l'eurodéputée Rima Hassan.
Les départs se font progressivement pour plusieurs raisons. La première tient au fait qu'il ne faut pas engorger les ports. Beaucoup de bateaux ont en outre dû subir des réparations, des vérifications ou encore ont dû attendre un ravitaillement en carburant. Il y a aussi eu un manque de bateaux par rapport au nombre important de participants.
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Soulagement en prenant la mer
En route vers Gaza, Khalil Klai, journaliste tunisien pour la télévision saoudienne El Hadath, exprime son soulagement dans des notes vocales. Il est à bord du voilier Allacatala, parti 14 septembre du port de Gammarth. « Je me sens à l'aise, je me sens rassuré, et je me sens surtout très motivé pour accomplir mon devoir de journaliste, mais également et surtout mon devoir humain. Nous sommes cinq Tunisiens sur ce bateau. Nous avons des médicaments, nous avons un médecin à bord, nous avons des gilets de sauvetage, nous avons des casques à gaz ».
Fidaa Athmy est sur le Mia Mia avec des Tunisiens et quatre autres nationalités. « Oui, il y a le mal de mer, mais on a pris des médicaments. Et là, par rapport à la sécurité, tous, avant de partir, on a fait une sorte de briefing, une formation côté sécuritaire, côté juridique, et le bombardement, on risque d'être prisonnier ».
Pas de découragement malgré les risques
Des risques qui n'ont pas découragé d'autres bateaux de rejoindre cette flottille. Thomas Guénolé, politologue français, est parti sur l'Aurora du sud de l'Italie le 11 septembre. Il attend les bateaux en provenance de Tunisie. « Nous apportons de l'aide humanitaire, j'entends par là de la nourriture et des médicaments, et des médecins, puisque nous avons un certain nombre de médecins à bord de nos bateaux ».
Les départs de Tunis ont été retardés à cause de nombreux problèmes logistiques et techniques. Le soir du 14 septembre, certains bateaux et participants attendaient encore de savoir s'ils allaient pouvoir partir. Par ailleurs, deux navires ont été les cibles de deux attaques de drone, en début de semaine. Les dégâts matériels qui en ont résulté ont aussi contribué au retard. La flottille au départ de Tunisie devrait rejoindre 17 bateaux qui sont partis du sud de l'Italie le 11 septembre et qui les attendent en mer. Cette initiative s'appelle Thousand Madleens et vient renforcer la globale Sumud Flottila en partance pour Gaza.