Aux Comores, le football perd l'un de ses grands bâtisseurs. Salim Tourqui, ancien président de la Fédération (1997-2017), est décédé ce lundi 15 septembre à Moroni à l'âge de 66 ans. Autodidacte au parcours singulier, ancien policier, homme d'affaires reconnu et ex-consul honoraire d'Espagne, il avait durablement marqué le sport national en l'ouvrant aux instances internationales et en dotant l'archipel de structures solides. Sa disparition suscite une vive émotion, tant son empreinte dépasse largement les terrains.
Salim Tourqui prend la tête de la Fédération de football en 1997, après avoir dirigé l'Apache Club de Mitsamihuli. Pendant deux décennies, il impulse des réformes majeures comme l'unification du championnat national, la construction et la réhabilitation de stades répondant aux normes internationales ou encore la mise en place d'un centre de formation de jeunes footballeurs.
Sous sa présidence, les Comores rejoignent la Fifa en 2005, ouvrant aux Coelacanthes les portes des compétitions internationales. Reconnu pour son sens du dialogue, il représente l'archipel au sein du Conseil des associations de football en Afrique australe (COSAFA), de l'Union des associations arabes de football (UAFA) et de l'Union des fédérations de football de l'océan Indien (UFFOI).
Référence du football
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Visionnaire, il fait appel aux talents de l'île de Mayotte pour renforcer la sélection nationale. Homme de consensus, il quitte ses fonctions en 2017 sur fond de désaccords avec le ministère des Sports, mais reste une référence incontestable du football comorien.
Depuis l'annonce de son décès, la présidence de la République, la Fédération de football, les clubs et le sélectionneur national saluent l'oeuvre d'un dirigeant qui a profondément transformé le paysage du ballon rond aux Comores. Salim Tourqui sera enterré à Mitsamiouli, sa ville natale, située à une quarantaine de kilomètres de Moroni.
