Afrique de l'Ouest: L'Alliance des États du Sahel - Deux ans déjà, quel bilan ?

15 Septembre 2025

Deux ans que le Mali, le Burkina et le Niger ont créé cette alliance mais l'insécurité persiste dans ces pays. Au Mali par exemple, plus de 1500 écoles sont fermées.

Au Mali par exemple, , on dénombre plus de 1500 écoles fermées à cause de l'insécurité dans le pays. Une préoccupation au coeur de la célébration des deux années d'existence de l'Alliance des États du Sahel (AES).

En effet, la fermeture des salles de classe a contraint des milliers d'enseignants et d'élèves à rester à la maison. C'est le cas de Modibo Sanogo, un enseignant qui a abandonné son poste en 2019 à Farako dans le centre du Mali à cause de la menace djihadiste.

Lorsqu'on évoque l'enseignement à Modibo, celui-ci y voit le résumé de sa vie. En 2008, il embrasse ce métier au centre d'enseignement pédagogique (Cap) de Farako, dans la région de Ségou, dans le centre du Mali. C'est là où Modibo, son épouse, également enseignante et leurs ses cinq enfants vivaient jusqu'en 2019 avant que tout ne bascule pour eux.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

"Les hommes armés non identifiés venaient directement à l'école sans demander l'avis de qui que ce soit pour lancer des avertissements et menacer les enseignants. Ils ont enlevé certains collègues enseignants et brûlé quelques matériels scolaires. Ils nous ont ensuite demandé de quitter les lieux et qu'on n'a pas besoin des écoles classiques."

Des enseignants obligés de partir

Les hommes armés non identifiés dont parle Modibo, ce sont les combattants du Jnim, un groupe affilié à Al Qaïda, qui prêchent l'instauration de la charia, la loi islamique.

A l'époque, le Jinim propose aux enseignants de choisir les métiers de l'agriculture ou l'élevage et d'abandonner l'enseignement laïc ou occidental. En cas de refus, ils doivent quitter le village.

Le 13 décembre 2019, Ali Cissé, le sous-préfet de Farako, est enlevé par des hommes armés sous le regard impuissant de Modibo et ses collègues enseignants :

"On n'avait jamais vu ce genre d'armes. C'était normal que nous soyons tous choqués et traumatisés."

La menace des djihadistes est donc prise au sérieux. Le centre d'enseignement pédagogique de Farako décide à son tour de fermer près d'une centaine d'écoles et des milliers d'élèves sont contraints de rester à la maison.

"Imaginez-vous, on avait à peu près 15 000 élèves avec nous et tenez-vous bien, parmi ceux-ci, il n'y a pas eu 200 enfants qui ont pu effectuer le transfert pour aller dans une autre localité."

Les quelque 14 000 élèves restants sont ainsi déscolarisés. Quant aux 400 enseignants que comptait Farako, ils sont obligés de quitter leurs postes.

Modibo a, en revanche, eu la chance de garder son salaire de fonctionnaire des collectivités de l'État. Mais près de 7 ans après les faits, l'enseignant n'a toujours pas été redéployé dans une autre région alors que la situation sécuritaire demeure toujours aussi fragile à Farako.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.