Mylmo, connu pour ses textes très critiques sur la gestion politique du pays, dénonce dans un clip, les attaques contre la communauté peule.
Mamadou Soumbounou alias Mylmo, connu pour ses textes très critiques à l'encontre des tares de la société et la de la gestion politique du pays, a sorti en août dernier, un clip qui évoque la situation sécuritaire du pays et ce qu'il qualifie d'amalgame dans l'identification des présumés djihadistes.
Après plusieurs heures d'interrogatoire devant le procureur du pôle national de lutte contre la cybercriminalité, Mylmo N-Sahel a pu regagner son domicile ce lundi 15 septembre 2025 sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui.
Le rappeur et parolier malien avait auparavant été interpellé le vendredi 12 septembre, à sa descente d'avion à l'aéroport international de Bamako Senou alors qu'il revenait d'un séjour parisien.
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Si officiellement, aucune information ne filtre sur les raisons de son interpellation, plusieurs sources y voient un lien avec son dernier single Samba Gueladio dans lequel Mylmo fait la mise en scène d'un berger accusé à tort et tué pour son implication présumée dans les activités djihadistes.
Il décrit ainsi Samba comme une victime de la stigmatisation dont seraient victimes certains peuls. Une alerte, selon l'artiste, pour sensibiliser autour de l'amalgame entourant certaines couches de la population dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Mali.
"Nous sommes un pays en guerre"
Mais pour Amadou Aya, leader d'opinion, la liberté d'expression ne doit pas l'emporter sur la situation de crise que vit le Mali.
"Nous sommes un pays en guerre. Un pays en guerre ou nous sommes agressés de partout avec des ennemis qui tentent de déstabiliser notre pays. Il est important en ce moment de contrôler tout ce que nous disons, tout ce que nous écrivons, tous nos faits et gestes doivent aller dans le sens de la cohésion, du patriotisme. Nous devons faire preuve de retenue", estime Amadou Aya.
Mylmo a été interpellé dans un contexte marqué par les placements sous mandat de dépôt de plusieurs figures politiques, militaires ou religieuses. Certaines parmi elles, sont accusées d'"atteinte au crédit de l'Etat" pour des propos jugés tendancieux ou compromettants par la justice malienne.
Pour Sidi Kounta, journaliste et blogueur, certains cyberactivistes, communément appelés "videomans" proches du pouvoir, contribuent grandement à restreindre le champ de la liberté d'expression au Mali.
"Il est actuellement difficile de s'exprimer au Mali, non pas à cause des autorités, mais plutôt des acteurs des réseaux sociaux qui voient le mal partout. Une fois qu'on essaie de s'exprimer pour donner son point de vue, son opinion, ce sont eux qui organisent des plateaux, uniquement pour essayer de te dénigrer. Finalement, on constate que ces personnes sont interpellées par la justice."
Mylmo avait déclaré après la sortie de son single Samba Gueladio, que des erreurs peuvent subvenir dans l'identification des présumés djihadistes aussi bien dans le camp de la population que de l'armée.