Le 15 septembre, lors d'une réunion extraordinaire du Conseil général à Genève, en Suisse, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a officialisé l'entrée en vigueur de l'Accord sur les subventions à la pêche. Plusieurs pays africains ont joué un rôle clé dans ce tournant multilatéral qui vise à interdire les subventions gouvernementales qui alimentent la pêche illégale, la surexploitation des stocks et les pratiques non durables.
Le communiqué émis par l'OMC indique que le Kenya a officiellement remis ses instruments d'acceptation lors de cette réunion, aux côtés d'autres pays comme le Brésil, le Vietnam et les Tonga, permettant d'atteindre le seuil des deux tiers des membres requis pour l'entrée en vigueur de l'accord.
Le Mali, autre État africain engagé, a également été mentionné par le président du Conseil général, Saqer Abdullah Almoqbel, comme étant sur le point de ratifier l'accord.
Pour la directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, originaire du Nigeria, cet accord représente un « signal fort » dans un contexte mondial marqué par de multiples crises. Elle a salué l'engagement des membres à protéger les moyens de subsistance des communautés de pêcheurs et à relever les défis environnementaux à travers une coopération internationale renforcée.
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« Ce que nous avons accompli ici est une victoire pour les peuples et pour la planète », a-t-elle déclaré, rappelant que 35,5 % des stocks halieutiques mondiaux sont aujourd'hui surexploités.
L'Afrique, où la pêche artisanale est vitale pour la sécurité alimentaire et les économies locales, est directement concernée par les retombées de cet accord. Le même communiqué précise qu'à l'échelle mondiale, les subventions à la pêche s'élèvent à environ 35 milliards de dollars par an, dont 22 milliards sont jugés nuisibles. L'accord vise à déjouer ce cycle de dégradation marine et de concurrence déloyale, qui affecte particulièrement les pêcheurs du continent.
Pour accompagner la mise en œuvre de ce texte dans les pays en développement et les pays les moins avancés, l'OMC a mis en place un Fonds pour le poisson, doté de plus de 18 millions de dollars promis par 17 membres. Ce fonds permettra à des États comme le Kenya ou le Mali de bénéficier d'une assistance technique et de renforcer leurs capacités de gestion durable des ressources marines.
Rappelons qu'en juin dernier, l'OMC a lancé un premier appel à projets pour permettre aux pays ayant ratifié l'accord de soumettre des demandes de subvention. Un Comité des subventions à la pêche sera également créé afin de superviser la mise en œuvre de l'accord, d'améliorer la transparence des politiques nationales et de maintenir un dialogue régulier entre les membres.
Adopté par consensus lors de la 12e Conférence ministérielle en juin 2022, ce texte est le premier accord multilatéral de l'OMC axé sur la durabilité environnementale. Il incarne la volonté des membres, y compris africains, de préserver les ressources halieutiques mondiales et les millions de vies qui en dépendent.