La plupart des citoyens estiment que les niveaux de criminalité et de délinquance économique ont diminué pendant l'année écoulée.
Key findings
- La majorité (55%) des Béninois affirment qu'un membre de leur famille s'est senti au moins une fois en danger à domicile ou dans son quartier au cours des 12 derniers mois.
- Une large majorité de répondants estiment que les niveaux de criminalité (75%) et de délinquance économique (80%) ont diminué pendant l'année écoulée.
- Parmi ceux qui ont eu affaire à la police au cours des 12 derniers mois, plus de quatre sur 10 (44%) disent avoir versé de pots-de-vin pour éviter des ennuis avec la police, et 22% disent l'avoir fait pour avoir son assistance.
- Quatre Béninois sur 10 (40%) pensent que la « plupart » ou « tous » les policiers sont corrompus, en plus de 49% qui estiment que « certains » le sont.
- Cependant, la majorité (59%) des Béninois disent faire « partiellement » ou « beaucoup » confiance à la police républicaine. o Plus de six sur 10 citoyens (63%) disent faire confiance aux forces de défense béninoises.
- La majorité des Béninois approuvent la performance du gouvernement en matière de lutte contre la criminalité (70%) et l'extrémisme violent (74%).
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L'insécurité constitue l'un des défis majeurs du continent africain au 21e siècle (Décarpes, 2012). En Afrique de l'Ouest, cette problématique s'est particulièrement aggravée depuis 2012 avec l'émergence de groupes armés dans la bande sahélienne, entraînant une déstabilisation progressive qui s'étend désormais vers les pays côtiers (Nations Unies, 2023).
Le Bénin, longtemps considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest, fait face depuis 2019 à une détérioration de sa situation sécuritaire, particulièrement dans ses régions septentrionales. Cette vulnérabilité croissante s'explique notamment par sa proximité avec des pays confrontés à une forte instabilité comme le Nigéria, en proie aux exactions de Boko Haram, ainsi que le Burkina Faso et le Niger, qui luttent contre diverses organisations terroristes (Jeune Afrique, 2025). Le Bénin a subi plus de 20 incidents violents dans ses zones frontalières entre 2019 et 2022 (Werb, 2024).
Au-delà des menaces terroristes, la région fait face à une recrudescence de la criminalité économique, notamment le blanchiment d'argent, la cybercriminalité et les trafics transfrontaliers (Police Républicaine du Bénin, 2023). Les cas de délinquance économique, de vols à main armée et de cybercriminalité, notamment les arnaques en ligne et les fraudes bancaires, se sont multipliés ces dernières années (Tognon, 2024).
Face à ces menaces, le gouvernement béninois a entrepris une réforme profonde de son appareil sécuritaire. Celle-ci comprend le renforcement des capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité, ainsi que la modernisation des équipements et l'amélioration de la formation professionnelle des agents. Elle inclut aussi le développement d'unités spécialisées dans la lutte contre la cybercriminalité (Avendaño, 2024 ; Gouvernement de la République du Bénin, 2022). Cette professionnalisation des forces de l'ordre, couplée à une coopération régionale accrue, témoigne de la volonté du Bénin de maintenir sa stabilité face aux défis sécuritaires contemporains.
Comment les Béninois perçoivent-ils la situation sécuritaire dans leur pays, et quelle est leur opinion sur le travail des forces de l'ordre ?
Selon les résultats de la plus récente enquête Afrobarometer, les Béninois continuent de vivre avec un sentiment d'insécurité, malgré une amélioration perçue en matière de sécurité. Bien que de larges majorités estiment que la criminalité et la délinquance économique ont reculé au cours des 12 derniers mois, plus de la moitié déclarent qu'au moins un membre de leur famille s'est senti en danger à domicile ou dans son quartier pendant la même période.
Parmi les citoyens qui ont eu contact avec la police républicaine au cours des 12 derniers mois, nombreux affirment avoir dû verser des pots-de-vin pour éviter des ennuis ou pour obtenir assistance. En conséquence, quatre Béninois sur 10 considèrent que « la plupart » ou « tous » les policiers sont corrompus, tandis que près de la moitié pensent que certains le sont.
Cependant, la confiance envers la police républicaine et à l'armée n'est pas absente : Près de six citoyens sur 10 leur accordent « partiellement » ou « beaucoup » de confiance. Dans le même esprit, une nette majorité de Béninois approuvent la performance du gouvernement dans la lutte contre la criminalité et l'extrémisme violent, signe d'un espoir persistant dans les efforts déployés pour renforcer la sécurité publique.
Canissius Kounoudji Canissius Kounoudji is the administrative manager of IREG.
Justine Gbaguidi Justine Gbaguidi est assistante de recherche à Innovante Recherche en Economie et Gouvernance, le partenaire national d'Afrobarometer au Bénin.