Afrique: Huawei Digital Power - Miser sur la qualité pour accompagner la transition énergétique africaine

Philippe Wang, Président de Digital Power Huawei Northern Africa (Afrique du Nord, de l’Ouest et Afrique centrale).
17 Septembre 2025
interview

Face à la montée des émissions de gaz à effet de serre, à l’urgence climatique et à une demande énergétique en forte croissance, les gouvernements du monde entier accélèrent leur transition. Le secteur vit une mutation profonde, portée par l’essor des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydroélectricité) qui ne sont plus des alternatives, mais les piliers des stratégies nationales.

Cette dynamique est renforcée par la baisse des coûts, les avancées technologiques et la conviction que l’énergie propre n’est pas seulement une réponse au défi climatique, mais aussi un moteur de compétitivité, de souveraineté et de résilience économique. La transition énergétique s’impose désormais comme la voie incontournable du développement durable.

Dans cet entretien, Philippe WANG, président de Digital Power, Huawei Northern Africa (Afrique du Nord, de l'Ouest et Centrale), explique comment l’entreprise conçoit la notion de « haute qualité » et en quoi cette exigence s’inscrit dans les défis et les opportunités énergétiques du continent.

M .  Wang, vous parlez d’un « engagement en faveur de la haute qualité ». Qu’est-ce que cela signifie, concrètement, pour l’Afrique ?

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En Afrique, passer aux énergies renouvelables n’est pas seulement une question technologique : c’est une responsabilité. Le continent est soumis à certaines des conditions les plus extrêmes au monde : air marin salin, températures qui dépassent les 50 °C, poussières désertiques capables de réduire l’efficacité des installations de près de 30 % si elles ne sont pas conçues et entretenues correctement. Sans équipements robustes, les pannes se multiplient, les coûts de maintenance explosent et les populations se retrouvent sans électricité lorsque cela compte le plus.

Nos systèmes sont pensés pour ces réalités : ils durent plus longtemps, fonctionnent plus fiablement et nécessitent moins d’entretien. Cette robustesse rend la transition plus résiliente face aux aléas climatiques.

Mais la qualité, c’est aussi répondre à des besoins vitaux. En Afrique subsaharienne, 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité et des millions d’autres subissent des coupures fréquentes. Les conséquences sont lourdes : en 2021, seuls 28 % des établissements de santé disposaient d’une alimentation fiable ; en 2025, près d’un tiers des enfants d’âge scolaire vivaient près d’écoles non électrifiées. Hôpitaux, banques, aéroports et autres infrastructures critiques dépendent souvent de générateurs diesel coûteux et polluants.

Des solutions d’énergie verte de haute qualité telles que le photovoltaïque et les systèmes de stockage d ’énergie capables de stabiliser le réseau (grid forming) apportent une réponse durable en garantissant une électricité stable et continue. Elles renforcent la résilience des communautés et soutiennent les économies locales.

Quand je parle de « haute qualité », j’entends des infrastructures sur lesquelles on peut compter durant des années, pas seulement pendant quelques trimestres. L’objectif est clair : une transition énergétique qui génère des bénéfices durables, avec des coûts de cycle de vie réduits, un faible taux de panne et une base solide pour les économies locales.

Vous évoquez les conditions extrêmes de la région. Comment Huawei s’assure-t-il que ses équipements y résistent ?

Chez Huawei Digital Power, les tests sont au cœur de notre démarche qualité. Nous ne testons pas seulement des composants isolés mais des systèmes complets, et ce en quatre étapes : composant, système, solution et simulation quasi-réelle. Nous validons ensuite les performances sur le terrain, dans des conditions comparables à celles des sites d’installation : chaleur et froid extrêmes, sécheresse prolongée, humidité élevée, poussières et brouillard salin. Cette démarche permet de garantir que nos onduleurs, contrôleurs et systèmes de batteries fonctionnent de manière stable, année après année, y compris dans des environnements complexes.

Cet engagement s’appuie aussi sur l’innovation : en 2024, nous avons réinvesti 20,8 % de notre chiffre d’affaires dans la R&D, en particulier dans l’intelligence artificielle et les technologies fondamentales. C’est ce qui nous permet de proposer des solutions fiables, compétitives et adaptées aux besoins des clients.

Le projet Salam Office au Tchad en est une illustration concrète. Il combine une capacité solaire photovoltaïque installée de 300 kWc avec 1 MWh de systèmes de stockage d’énergie, permettant de stocker l’électricité après le coucher du soleil ou en cas de coupure du réseau. Des onduleurs Huawei de 50 kW assurent la conversion en électricité utilisable. Depuis sa mise en service en novembre 2024, l’installation couvre la majorité des besoins du site, dans un environnement où les températures atteignent 45 °C. Ce système commercial et industriel peut fonctionner avec ou sans raccordement au réseau national : la preuve qu’une alimentation fiable et de haute qualité est possible, même dans les conditions les plus extrêmes.

L’instabilité du réseau reste une réalité dans de nombreuses zones reculées. Comment vos systèmes de stockage d’énergie  à  formation de réseau garantissent-ils une alimentation stable dans ces contextes ?

Dans les régions isolées, la priorité est d’assurer une alimentation sûre et continue, jour et nuit. Nos systèmes de stockage d’énergie (Energy Storage Systems, ESS) à  formation de réseau sont conçus pour contenir tout incident : si une cellule de batterie surchauffe, le problème est limité au module concerné et ne se propage pas. Nous appelons cela la « non-propagation thermique au niveau du module ».

Un système de gestion des batteries (Battery Management System, BMS) multicouche surveille en permanence température, tension et courant, équilibre les cellules et peut désactiver un module pour protéger l’ensemble. Concrètement, si une cellule surchauffe, le BMS la détecte, des barrières ignifugées et un système d’évacuation isolent le module, et le reste du système continue de fonctionner. Ce dispositif permet aux sites reculés de résister à des vagues de chaleur, à des baisses de tension ou à de longues coupures, tout en maintenant l’alimentation.

Nous avons également développé quatre technologies clés, que nous appelons 4T, pour garantir la stabilité du stockage dans des conditions difficiles et réduire le taux d’erreur de diagnostic : BiT introduit un pilotage numérique et des capacités d’analyse permettant la détection précoce des défauts et un diagnostic à distance; WatT repose sur une électronique de puissance à haut rendement qui stabilise les cycles de charge et de décharge; HeaT assure une gestion thermique de précision afin que les cellules restent dans des plages de sécurité, même en climat chaud ou humide; BatTery couvre l’équilibrage, le suivi de l’état de charge et de l’état de santé, ce qui permet de prolonger la durée de vie des batteries. L’idée est simple : un système unique, géré de bout en bout, plutôt qu’un assemblage de modules isolés qui ne « communiquent » pas entre eux.

C’est ce qui nous permet d’assurer une électricité fiable, même dans des environnements complexes, et d’accompagner la transition énergétique africaine.

Quelle est votre vision pour le développement durable des nouvelles énergies à l’avenir ?

Ma vision repose sur le long terme. Le développement durable des nouvelles énergies n’est pas une rupture ponctuelle, mais une transformation profonde et progressive. L’exigence de qualité ne consiste pas à être en tête sur un marché à un moment donné, mais à construire des solutions capables de résister à l’épreuve du temps et aux environnements changeants.

Cela implique d’être un partenaire, pas un fournisseur de passage. Nous accompagnons nos clients sur toute la durée de vie d’un projet : de la planification et des montages financiers adaptés jusqu’à l’exploitation, la maintenance et les mises à niveau, afin d’éviter de repartir de zéro. L’objectif est simple : limiter les pannes, réduire les coûts de maintenance et optimiser le coût du kilowattheure à mesure que les actifs vieillissent.

C’est aussi un choix économique. En garantissant la fiabilité des infrastructures durant des années, même dans des conditions climatiques extrêmes, on réduit le risque pour les investisseurs, on sécurise l’activité des entreprises et des services publics, et on libère les finances publiques des réparations d’urgence permanentes. C’est la condition pour que les régions en forte croissance se développent sans être freinées par des infrastructures fragiles.

C’est le rôle que nous entendons jouer avec Huawei Digital Power en Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale : être un partenaire stable et responsable, dont les solutions offrent une base solide à la transition énergétique et accompagnent les objectifs de long terme de la région.

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