Au Burkina Faso et au Niger, malgré des avancées, seule une faible partie de la population a accès à une couverture médicale.
À Kinshasa, la mort de Divine Kumusamba, refusée par un hôpital car elle n'avait pas d'assurance maladie et pas suffisamment d'argent pour payer ses soins, a choqué l'opinion. Un drame qui illustre les carences en matière de couverture sanitaire en République démocratique du Congo.
Mais dans les pays du Sahel, la situation est similaire, notamment au Burkina Faso et au Niger, où la question de l'assurance santé reste un défi majeur. Malgré des avancées, seule une faible partie de la population a accès à une couverture médicale.
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Au Burkina Faso, le système d'assurance maladie universelle, lancé en 2015, peine encore à couvrir l'ensemble de la population. Les travailleurs du secteur formel y ont plus facilement accès, mais dans l'informel, la situation reste préoccupante.
Etendre la couverture au secteur informel
Franck Armel Ouedrago, chef du service santé et affinitaires chez Coris Assurances Burkina Faso, estime que "c'est un produit d'assurance particulier, dans la mesure où la clientèle concernée, ce sont les patients, mais aussi le corporate, c'est-à-dire les personnes dument constituées dans le secteur formel, qui regroupe donc les entreprises, les associations, les mutuelles qui souscrivent pour le compte de leurs membres ou de leurs salariés. Comme je le disais tantôt, c'est un produit d'assurance focalisé sur le secteur formel. Donc cela écarte les salariés de l'économie informelle et aussi les populations indigentes".
La situation est similaire au Niger, où la prise en charge médicale est imparfaite, malgré la réduction de moitié des frais de consultations médicales et de certains examens.
La prise en charge est en revanche plus efficace dans le secteur privé, ce qui crée un déséquilibre.
Connaître ses droits
Djibrilla Idrissa, secrétaire général de la Confédération démocratique des travailleurs du Niger, rappelle enfin qu'il y a un traitement plus favorable dans la fonction publique.
Pour elle, "il y a aussi les fonctionnaires et autres agents de l'Etat qui sont régis par le statut général de la fonction publique, où les statuts sont autonomes. Eux, ils bénéficient d'une prise en charge à 80 % par l'Etat en cas d'hospitalisation, en cas de visite médicale ou de tout autre traitement. Mais ça ne couvre pas les médicaments. Dans certains cas même, il y a certains examens qui ne sont pas couverts".
Malgré ces défis, le Niger et le Burkina Faso affichent une volonté politique de renforcer la couverture maladie universelle. Mais pour qu'elle devienne une réalité, il faudra des financements solides, une meilleure sensibilisation et surtout, un engagement fort des États aux côtés de la population, dont la majorité ignore tout de l'assurance maladie
Dans un contexte marqué par la pauvreté et l'insécurité, l'assurance santé apparaît donc comme une bouée indispensable, mais encore hors de portée pour une grande majorité des Burkinabè et des Nigériens.
