Les vieux démons de la guerre civile planent à nouveau, si toutefois ils s'en étaient vraiment éloignés, au-dessus du Soudan du Sud.
Et c'est toute la communauté internationale qui retient de nouveau son souffle face à ce nouveau péril en perspective. A l'origine de cette nouvelle menace, on retrouve toujours les mêmes : le président Salva Kiir et le vice-président Riek Machar. Deux hommes dont les ambitions personnelles ont constamment été la source des malheurs de ce jeune Etat créé en 2011 au prix d'une crise ayant fait plus de 400 000 morts.
Si aujourd'hui, le plus jeune Etat du monde est de nouveau au bord du précipice, il faut encore chercher les causes dans les relations troubles qui ont toujours existé entre Salva Kiir et Riek Machar. En effet, inculpé de meurtre et de crime contre l'humanité, le parti du vice-président a purement et simplement annoncé l'abrogation de l'accord de paix de septembre 2018.
Signé à Addis-Abeba sous l'égide de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), avec le soutien de l'Union africaine et des partenaires internationaux, cet accord prévoyait un partage équitable du pouvoir entre les deux hommes. Il incluait également la formation d'un gouvernement d'union nationale rassemblant tous les signataires de l'accord ainsi qu'un cessez-le-feu permanent.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
En rejetant ainsi ce document qui avait permis, ne serait-ce qu'un peu, le retour de la paix dans le pays, Riek Machar déterre la hache de guerre.
Simple bluff ou détermination d'un homme à vendre cher sa peau face à un frère ennemi ? Bien malin qui saura répondre.
Mais une chose est sûre : face à l'état déplorable dans lequel se trouve le Soudan du Sud et la souffrance de ses habitants, causés par les rivalités politiques entre Salva Kiir et Riek Machar, on se demande vraiment si cet Etat aurait dû être créé.
Porté à bout de bras par la communauté internationale, le détachement de cette partie méridionale du Soudan vis-à-vis de Khartoum et son accession à la souveraineté internationale laissent aujourd'hui un goût amer aux populations pauvres dont le destin est pris en otage par le choc des égaux de deux individus.
