Trois mois après la décision du Conseil des ministres de mettre en place deux comités indépendants pour examiner des cas distincts concernant le New Educational College et le collège Alpha, le doute persiste. L'Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) s'impatiente et s'interroge sur le sérieux de ces déclarations, évoquant des «effets d'annonce» sans retombées concrètes.
Le 25 juillet dernier, le gouvernement annonçait, en grande pompe, la création d'un comité d'enquête sur des allégations de mauvaise gestion au New Educational College et d'un comité technique pour vérifier l'intégrité structurelle du bâtiment du collège Alpha. L'initiative se voulait rassurante pour les parents, les enseignants et les élèves. Or, à quelques semaines de la fin de l'année scolaire, les avancées semblent maigres.
Pour Arvin Bhojun, président de l'UPSEE, les deux dossiers avancent à des vitesses très différentes. Concernant le collège Alpha, il reconnaît que des pas concrets ont été franchis. «Nous avons compris qu'une équipe de techniciens a déjà effectué une visite dans l'établissement. Incessamment, un rapport sera soumis au ministre. Sur ce plan, nous pouvons dire qu'il y a eu un minimum de suivi», indique-t-il.
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Mais l'affaire du New Educational College est plus préoccupante. «Le 4 mars dernier, un comité d'enquête avait déjà été annoncé. Puis, récemment, au Conseil des ministres, la décision a été prise de nommer des assesseurs pour mener l'enquête. Mais à ce jour, rien n'a été fait», déplore-t-il.
Comité fantôme ?
Ce qui inquiète l'UPSEE, c'est l'absence totale de transparence. «Qui siègera au sein de ce comité d'enquête ? Quels seront ses termes de référence ? À partir de quand les enseignants, parents ou employés pourront-ils déposer ? Rien n'a été communiqué. Pas même un avis dans la presse», poursuit Arvin Bhojun.
Le syndicaliste insiste : «Nous sommes à quelques semaines de la fin de l'année et nous n'avons aucune indication. Pendant ce temps, le climat de travail reste délétère et ce sont les élèves qui paient le prix fort. Les parents, eux, se sentent trahis et victimes de cette lenteur.»
En parallèle, l'affaire du New Educational College suit aussi son cours sur le plan légal. Cette semaine, le dossier est examiné par la Commission de conciliation et de médiation (CCM). Mardi, Arvin Bhojun a accompagné le personnel concerné au bureau du Travail à Flacq, toujours dans le cadre de cette affaire. «Au cours des prochains jours, d'autres personnes viendront déposer auprès du bureau du Travail. Mais jusqu'ici, l'annonce du comité d'enquête n'a toujours pas été suivie d'effet», regrette-t-il.
Cette multiplication des instances crée un sentiment d'attente interminable. Les enseignants et employés s'interrogent : le comité ministériel viendra-t-il compléter ou supplanter le processus déjà entamé au bureau du Travail ?
Les élèves, premiers pénalisés
Au-delà des questions administratives, ce sont les élèves qui restent au centre des préoccupations. «Chaque jour qui passe dans ce climat d'incertitude a un impact direct sur leur scolarité», martèle l'UPSEE. Les enseignants, eux, sont démotivés, et l'atmosphère dans l'établissement nuit au bon déroulement des cours.
Arvin Bhojun interpelle les autorités : «L'éducation ne peut être l'otage de querelles ou de lenteurs bureaucratiques. Nous parlons de l'avenir des enfants. Il est urgent d'apporter des réponses claires.»
Du côté du ministère de l'Education, la ligne officielle reste prudente. L'enquête serait toujours en cours, et le ministre du Travail prendra les mesures qui s'imposent une fois le rapport entre ses mains. Mais pour l'UPSEE, cette posture d'attente ne fait qu'accentuer les doutes. «Les enseignants comme les parents n'ont pas besoin de promesses vagues. Ils veulent des faits, des décisions concrètes», insiste Arvin Bhojun.
À la veille des examens de fin d'année, la communauté éducative attend plus que des mots : des actes.