Afrique Centrale: Est du pays - Pourquoi l'échange de prisonniers entre Kinshasa et le groupe AFC/M23 bloque

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe politico-militaire AFC/M23 se sont certes entendus sur un mécanisme d'échange de prisonniers. Cela dans le cadre de la déclaration de principe signée au Qatar en juillet « en faveur d'un cessez-le-feu permanent » dans l'est de la RDC. Mais, malgré le fait que ce mécanisme ait été salué par de nombreuses capitales occidentales et présenté comme une réelle avancée, aucun calendrier n'a été fixé pour sa mise en oeuvre et de nombreux blocages demeurent.

Il y a une semaine, le gouvernement de la RDC et le groupe politico-militaire AFC/M23 s'étaient entendus sur un mécanisme d'échange de prisonniers. Un point qui constituait jusque-là le principal blocage au démarrage des négociations en vue d'un accord de paix.

Mais ce n'est pas un seul document qui a été établi, mais deux. Sous la médiation du Qatar, Kinshasa a en effet signé avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). De son côté, l'AFC/M23 a fait de même avec le CICR. Autrement dit, il n'y a pas eu de document conjoint entre le gouvernement congolais et le mouvement rebelle.

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Dans ces textes, le rôle du CICR est clair : agir comme intermédiaire neutre, comme prévu. Ces documents ne mentionnent aucun nom : les listes de prisonniers à échanger sont encore en cours d'élaboration, avant d'être transmises au CICR.

Ce dernier ne prend pas part aux négociations directes. Il intervient seulement quand les parties se sont mises d'accord sur l'agenda, sur le schéma et sur les listes, pour faciliter les libérations.

Kinshasa opposé à l'échange de prisonniers soupçonnés de crimes graves

Mais le blocage reste le contenu de ces listes.

Le 17 septembre, le ministre congolais de la Justice a rappelé que son gouvernement appliquera le principe d'« exclusion ». En clair, les personnes soupçonnées de crimes graves ne pourront pas être concernées par un marchandage politique. Pour l'AFC/M23, c'est un nouvel obstacle étant donné que les premiers noms qu'elle compte proposer sont ceux de cinq de ses membres arrêtés et condamnés à mort par Kinshasa l'an dernier.

À ce stade, ce mécanisme d'échange de prisonniers reste donc un document technique. Une étape parmi d'autres avant d'éventuelles libérations. Et le CICR, de son côté, ne fera qu'appliquer ce que les parties auront décidé.

L'est de la RDC, frontalière du Rwanda et au riche sous-sol, est miné par la présence de groupes armés et des conflits depuis plus de trois décennies. Les violences se sont intensifiées depuis 2021 avec la résurgence du M23 qui a pris les villes de Goma en janvier puis Bukavu en février. Un accord de paix des gouvernements congolais et rwandais a été signé en juin à Washington, puis une déclaration de principe avec le M23 signée au Qatar en juillet « en faveur d'un cessez-le-feu permanent », mais la violence persiste.

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