La semaine dernière, le Fou que je suis, s'est senti choqué par le comportement d'adolescents en circulation. En effet, en voulant éviter un taxi moto, des adolescents m'ont lancé une grossière insulte. Ils ont insulté ma mère. Et c'est un euphémisme de dire que cela m'a dépité au point que je continue de m'interroger sur la qualité de l'éducation qu'ils ont reçue. Je sais que dans la capitale burkinabè, les adultes ne tardent pas à s'insulter dans la circulation. Mais que cette injure soit proférée par des adolescents dont l'âge était d'environ 15 ans, c'est un palier de trop qu'ils ont franchi l'intolérance.
Dans quelle société sommes-nous ? Où allons-nous avec de tels comportements ? Quelle jeunesse aurons-nous demain ? Autant de questions légitimes que je suis en droit de me poser. Rien qu'à me faire l'idée que ce sont ces gosses qui auront, sans doute demain, la lourde responsabilité d'assurer l'avenir de la Nation, cela me fait frémir. Qu'enseigneront-ils à leurs cadets, demain ? En vérité, nos ressorts moraux sont en voie de se casser si ce n'est déjà fait. C'est d'autant plus vrai que certains parents eux-mêmes ne constituent plus des modèles. Et comme on le dit, l'enfant reproduit toujours ce qu'il a vu faire ou répète ce qu'il a entendu de la bouche de son père, de sa mère, de ses aînés. C'est dire si, aussi légitime que soit mon indignation, ces enfants ne sont pas les seuls à être blâmés. Leurs parents ne sont pas non plus exempts de reproches. Au-delà, c'est la société toute entière qu'il faut incriminer. S'ils n'avaient pas failli à leur mission, leurs enfants ne se seraient pas comportés de manière grossière en public, notamment en pleine circulation.
Il faudrait redoubler d'effort dans l'éducation des enfants
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On a comme l'impression que bien des parents ont démissionné de leur mission d'éducateurs. Tant et si bien que leurs enfants ont perdu le sens du respect de certaines valeurs, pourtant essentielles pour le vivre-ensemble dans la société, comme le respect dû aux aînés. Insulter une personne en pleine circulation, dont on ne connaît, ni le titre, ni la fonction, encore moins l'âge, n'est ni plus ni moins que le summum de l'insolence et de la bêtise. Ces enfants savent-ils ce qui leur serait arrivé si j'avais décidé de m'arrêter et de leur montrer mon degré de folie ? Assurément, il y a nécessité de revoir leur éducation. Cela dit, ne nous voilons pas la face, voyons sans indulgence, l'état de notre société. Tout laisse croire qu'elle est malade et a besoin d'une thérapie de choc. Et le premier remède à appliquer, c'est la sensibilisation.
Les cellules familiales, l'école, la société, chacun doit prendre conscience de la déliquescence des valeurs morales dans notre société. Au-delà de la sensibilisation, il faut des mesures fortes. Et s'il y a nécessité, il ne faudrait pas hésiter à réprimer les récidivistes notoires. Car, l'avenir de la Nation en dépend. En tout état de cause, si on souhaite disposer d'hommes capables de façonner une société intègre, de paix et de tolérance, il faudrait impérativement redoubler d'effort dans l'éducation des enfants. Mais comme un adage le dit, une seule main ne peut pas ramasser la farine. L'éducation des enfants dans une nation incombe à l'ensemble des citoyens. C'est dire si tous les acteurs doivent jouer leur partition. Quant à moi, Le fou, je compte bien jouer la mienne en commençant par hausser le ton comme je le fais en ce moment.