La Cour suprême a rendu hier, jeudi 18 septembre, sa décision concernant l'affaire de la mairie de Dakar. Barthélémy Dias avait été révoqué de ses fonctions de maire de la capitale par une décision du préfet du département de Dakar, en date du 11 décembre 2024, à la suite d'une saisine introduite par un citoyen de la commune de Mermoz-Sacré-Coeur dirigée par l'opposant. La plus haute juridiction du pays a en effet rejeté le recours présenté par l'ancien édile de Dakar contre sa destitution, confirmant ainsi la validité de l'arrêté préfectoral
Après la requête en référé-suspension rejetée le 25 août dernier, jour du scrutin municipal pour l'élection d'un nouveau maire , la Cour Suprême vient de rejeter le recours de Barthélémy Dias qui contestait la révocation de sa fonction de maire de Dakar, par le préfet de Dakar.
"La Cour a rejeté le pourvoi qui a été introduit par M.Dias. Tous les moyens ont été rejetés. La Cour a confirmé l'arrêt de la Cour d'appel numéro 3 du 31 décembre 2024. Maintenant c'est fini", a déclaré Me Masokhna Kane, avocat de l'Etat.
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Une nouvelle décision qui brise définitivement les espoirs de l'ancien édile qui pourtant, avait la certitude de retrouver son poste, en promettant d'ailleurs des poursuites contre ceux qu'il accuse d'avoir « braqué la mairie de Dakar ».
En effet, lors de ses différents face à face avec la presse de, Barthélemy Dias affichait clairement son intention de rester à la tête de la Ville de Dakar. Avec des arguments à l'appui. « L'article 135 du Code général des collectivités territoriales stipule que la révocation d'un maire est possible uniquement en cas de condamnation pour crime. Or, j'ai été condamné pour un délit, pas pour un crime », précisait M. Dias.
De son côté, Me Amadou Sall, conseiller du maire déchu, avait lui émis des réserves sur l'issue de la décision que prendra la Cour Suprême. « Personnellement, j'ai des réserves sur ce que va décider la Cour suprême, non pas que je n'ai pas confiance à eux. Parce que lorsque nous manquerons de confiance à la Cour suprême, ce sera la fin du monde...Le jour de la convocation du Conseil municipal, nous sommes allés voir le premier Président de la Cour suprême pour lui demander à ce que cette réunion soit reportée. Parce que c'est le jour même où la Cour suprême devait statuer que s'est réuni le Conseil municipal. Alors que si la Cour suprême avait demandé la suspension de cette réunion, il n'aurait pas eu d'élection...», a souligné Me Sall.
Pour rappel, Barthélémy Dias avait été révoqué en décembre 2024 à la suite de sa condamnation définitive dans l'affaire Ndiaga Diouf. Déterminé à contester cette décision, il avait saisi la plus haute juridiction du pays par un recours pour excès de pouvoir.
Il faut rappeler que lors de l'audience, l'avocat général, avait requis le rejet pur et simple du recours, soulignant que l'arrêté préfectoral respectait toutes les conditions légales et ne pouvait être invalidé. Au final, la Cour suprême a suivi cette recommandation, confirmant ainsi la légitimité de la décision préfectorale.
Avec cette décision qui met un terme à plusieurs mois de bataille juridique, la Cour conforte Abass Fall de Pastef, élu par le Conseil municipal le 25 août dernier, au son fauteuil de maire jusqu'aux prochaines élections municipales prévues en 2027.
Ainsi, prend fin la parenthèse politico-judiciaire qui opposait l'ancien édile à l'État, laissant place à une nouvelle ère municipale incarnée par Abass Fall.