Ile Maurice: Abler Group place la barre haut pour la préparation AML/CFT à l'horizon 2027

19 Septembre 2025

Deux ans, c'est demain. C'est avec cette formule que Shahannah Abdoolakhan, fondatrice et Chief Executive Officer (CEO) d'Abler Group, a résumé l'urgence de l'action alors que Maurice se prépare à un test décisif : l'évaluation du Groupe anti-blanchiment de l'Afrique orientale et australe (ESAAMLG)prévue en 2027. Pour anticiper ce rendez-vous crucial, Abler Group a organisé, le mardi 16 septembre, une masterclass stratégique intitulée Future-Proofing AML/CFT Compliance.

Cet événement a rassemblé plus de 75 professionnels venus des sphères réglementaires, bancaires, juridiques et de la finance internationale. Objectif : analyser les dernières tendances mondiales en matière de lutte contre l'AntiMoney Laundering et Combating the Financing of Terrorism (AML/CFT), tout en dotant les acteurs locaux d'outils pratiques pour renforcer leur culture de conformité. Le spectre de 2018 reste présent. À l'époque, Maurice avait été placée sur la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI), ce qui avait sérieusement affecté sa réputation et menacé ses relations bancaires internationales. Le pays avait cependant démontré sa capacité de réaction en sortant de cette liste en moins de deux ans grâce à des réformes décisives.

C'est cette dynamique que John Cusack, expert mondialement reconnu en matière de criminalité financière, est venu rappeler. Ancien président de la Global Coalition to Fight Financial Crime et aujourd'hui conseiller senior chez Oliver Wyman, il a animé la masterclass avec l'autorité que lui confèrent plus de 30 ans d'expérience dans de grandes banques internationales. «Le prochain exercice d'évaluation représente à la fois un défi et une opportunité. Depuis 2018, le paysage a changé. Les fraudes, les escroqueries, la corruption et le trafic de drogues sont désormais au centre des préoccupations. Comment Maurice répondra à ces menaces au cours des deux prochaines années sera le vrai test.»

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John Cusack a insisté sur l'importance d'une approche fondée sur les risques, en s'appuyant sur le National Risk Assessment 2025 publié en juin. Celui-ci identifie le trafic de drogues, la fraude, la corruption et les paris illégaux comme menaces majeures sur le plan domestique, tandis que la corruption, l'évasion fiscale et la fraude figurent parmi les principaux risques externes. Pour l'expert, la crédibilité de Maurice dépendra de la capacité des institutions financières à mettre en place des contrôles ciblés et proportionnés, tout en collaborant efficacement avec les autorités de supervision et d'enquête.

Nouvelles exigences

Pour le CEO de l'Economic Development Board, Mahen Kundasamy, le pays a renforcé sa position dans la lutte contre la criminalité financière. Le pays, a-til dit, a adopté des réformes majeures, dont l'Anti-Money Laundering and Combatting the Financing of Terrorism and Proliferation Act 2024, et figure parmi les rares juridictions au monde à être pleinement conforme aux 40 recommandations du GAFI. Le gouvernement a publié le Rapport national d'évaluation des risques 2025 et lancé une nouvelle stratégie nationale AML/CFT, tout en inscrivant dans le Budget 2025-26 une feuille de route en vue de l'évaluation mutuelle de l'ESAAMLG en 2027.

Le ministère des Services financiers et de la planification économique, représenté par son Senior Chief Executive, Sarwansingh Purmessur, a abondé dans le même sens, rappelant que même si Maurice est aujourd'hui conforme à l'ensemble des recommandations du GAFI, les standards évoluent avec une quinzaine de nouvelles exigences qui ont vu le jour ces dernières années. «La prochaine évaluation ne se limitera pas à vérifier si les lois existent, mais si elles sont appliquées efficacement. L'enjeu est vital : une défaillance pourrait fragiliser nos relations bancaires internationales et réduire l'attractivité de notre centre financier», a-t-il averti.

La présence de représentants de la Financial Crimes Commission, de la Mauritius Bankers Association, de Mauritius Finance, de la Real Estate Agent Authority et de cabinets comme PwC a renforcé l'idée que la bataille pour la conformité ne peut se gagner qu'à travers une synergie entre acteurs publics et privés. À deux ans du rendez-vous décisif avec l'ESAAMLG, le message est limpide : la préparation ne fait que commencer, mais le temps presse.

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