Congo-Kinshasa: Procès Kabila - Les témoins clés absents

19 Septembre 2025

Les avocats de la République ont évoqué des raisons sécuritaires pour expliquer l'absence des témoins clés.

Lors de l'audience du 12 septembre dernier, les avocats de la République avaient requis la réouverture des débats, afin de pouvoir présenter trois témoins et connaître les personnes, ainsi que les comptes bancaires, par lesquels transitent les financements du mouvement rebelle AFC-M23.

Maître Jean-Marie Kabengele, un des avocats de la République, a expliqué qu'eux-mêmes, en tant qu'avocats, faisaient l'objet de menaces de mort et que par conséquent, les garanties de la sécurité des témoins n'étaient pas assurées.

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Autre point central de ce procès abordé par les avocats de la République : la nationalité de Joseph Kabila. Ceux-ci ont souligné, à nouveau, qu'une requalification de l'infraction de trahison en espionnage était requise, sur la base de la prétendue nationalité rwandaise de Joseph Kabila.

Une nationalité qui poserait problème

Pour étayer leurs propos, ils se sont appuyés sur des déclarations dans les médias de Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Vital Kamerhe, ou encore l'ouvrage "Un pion du Rwanda" de Honoré Ngwanda.

Des propos réfutés par Ferdinand Kambere, cadre et secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).

Pour lui, le procès en soi n'existe pas, car l'auditeur général n'a jamais entendu Joseph Kabila. C'est un procès politique mené par le pouvoir, estime-t-il.

"Ici, nous revenons encore sur des déclarations faites au niveau des médias, au niveau des meetings publics, pendant la campagne électorale et même sur le livre de Ngwanda, dont il est question. Est-ce que c'est une preuve ? C'est un procès qui n'a d'autre objectif que de vouloir persécuter un opposant et on veut le faire par toutes les manières, en fabriquant un dossier qui est vide."

Les avocats de la République estiment avoir effectué un travail qui offre des données chiffrées qui les poussent à revoir à la hausse les montants des dommages-intérêts pour les victimes de Joseph Kabila.

Prison à perpétuité requise

La somme atteindrait désormais le total de 30 milliards de dollars, contre 24 milliards réclamés précédemment.

Autre élément marquant de cette audience : le ministère public avait requis la peine de mort contre Joseph Kabila, mais les avocats de la République ont suggéré une peine de prison à perpétuité, comme l'explique maître Jean-Marie Kabengele.

"Il doit être condamné à la prison à vie parce que notre pays a ratifié le statut de la Cour pénale internationale qui a éliminé, dans la nomenclature des peines applicables, la peine de mort. Et ayant ratifié que cet instrument juridique fait partie de notre arsenal juridique, par voie de conséquence, il n'y a pas lieu pour la République démocratique du Congo d'appliquer la peine de mort" explique-t-il.

Joseph Kabila est poursuivi pour crimes contre l'humanité : tortures, viols, déportations, et collaboration présumée avec des groupes armés, dont l'AFC-M23, lors de la prise de la ville de Goma.

Un autre responsable de l'AFC-M23, l'ancien président de la Commission électorale, Corneille Nangaa, a néanmoins été condamné à mort par contumace, en août 2024.

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