À Madagascar, c'est un cri d'alarme et une affaire qui pourrait bien faire tache d'huile dans le petit milieu des avocats malgaches et au-delà, au sein de la justice. Une vingtaine d'élèves avocats ont saisi le juge des référés pour demander la suspension de la publication des résultats du concours d'admission au Certificat d'aptitude à la profession d'avocat.
Ils estiment que ce concours est entaché d'irrégularités et même de discriminations à caractère ethnique. Ces accusations sont fermement rejetées par la direction de l'école des avocats. La décision est attendue lundi 22 septembre.
Un rêve brisé : pour cet étudiant malgache, qui a souhaité garder l'anonymat, l'injustice dont lui et une vingtaine d'autres camarades sont victimes ne peut plus être passée sous silence « Nous avons fait des années de sacrifices pour, au final, nous sentir complètement floués. Cette corruption à l'examen, ces discriminations selon que l'on soit enfant d'avocat ou non, côtier ou des Hauts-Plateaux... Nous ne pouvons plus l'accepter. Je ne veux pas que mon pays soit connu pour ce genre de pratiques archaïques, qui détruisent nos vies », explique-t-il.
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Violation du calendrier des examens, jury désigné en dehors des règles, certains candidats rappelés pour repasser une épreuve, résultats envoyés par simple SMS... Pour Me Ravelonjohany, avocat des étudiants, les irrégularités sont manifestes. « Les dysfonctionnements sont nombreux. C'est pour toutes ces raisons que les élèves demandent l'annulation de ces résultats et la tenue d'un nouvel examen, avec un nouveau jury. L'ordre des avocats ne peut plus faire l'autruche. Il faut reprendre cette école en main et ce diplôme aussi », assure-t-il.
Des accusations infondées selon l'administration de l'école
De son côté, l'administration de l'école des avocats, contactée par RFI, dénonce des accusations infondées. « Tout cela relève du dénigrement », clame-t-elle. « L'école fait appel à des personnes techniquement et juridiquement compétentes. Nous ne pouvons pas concevoir que des étudiants qui s'expriment très mal, à l'écrit comme à l'oral, puissent devenir un jour avocats. Laissons la justice trancher », termine-t-elle.
Le verdict est attendu dans la journée. Mais déjà, les élèves assurent qu'ils saisiront d'autres juridictions pour faire valoir leurs droits.