- Deux des plus grands groupes de bancassurance d'Afrique de l'Ouest - Sunu et NSIA - redessinent la carte de la concurrence avec des stratégies divergentes.
- Sunu, avec 16 filiales d'assurance et 228,4 milliards de francs CFA de primes, domine la zone CIMA et se concentre sur la grande distribution.
- NSIA, qui compte 13 filiales d'assurance et cinq banques, s'appuie sur les entreprises. Elle a été la première à proposer des produits de titrisation, a obtenu 35 millions d'euros de prêts verts par l'intermédiaire de ResponsAbility
Deux des plus grands groupes de bancassurance d'Afrique de l'Ouest - Sunu et NSIA - redessinent la carte de la concurrence avec des stratégies divergentes.
Fondés à la fin des années 1990 par Pathé Dione (Sunu) et Jean Kacou Diagou (NSIA), les deux groupes affichent un chiffre d'affaires quasi identique en 2023 : 330,6 milliards de francs CFA (504 millions de dollars) pour Sunu et 329,6 milliards pour NSIA. Pourtant, leurs modèles diffèrent fortement.
Sunu, avec 16 filiales d'assurance et 228,4 milliards de francs CFA de primes, domine la zone CIMA et se concentre sur la grande distribution. Elle s'est développée dans les domaines de la micro-santé, de l'éducation et de l'assurance funéraire, en plus d'une nouvelle branche de réassurance et d'investissements dans la microfinance.
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La NSIA, qui compte 13 filiales d'assurance et cinq banques, se concentre sur les entreprises. Elle a été la première à proposer des produits de titrisation, a obtenu 35 millions d'euros de prêts verts via ResponsAbility et contrôle 5,8 % des actifs bancaires de l'UEMOA. Sa banque ivoirienne est le numéro 2 du marché après la Société Générale CI.
Les deux groupes subissent la pression d'acteurs panafricains plus importants, notamment Ecobank et SanlamAllianz, et doivent accélérer l'intégration numérique pour défendre leur part de marché.
Points clés à retenir
La rivalité entre Sunu et NSIA illustre l'évolution du secteur des services financiers sous-pénétré en Afrique de l'Ouest, où la bancassurance est devenue un moteur de croissance. Avec seulement 40 % de pénétration bancaire et 3 % de pénétration de l'assurance en Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud), les deux groupes cherchent à s'étendre, mais sous des angles différents.
Sunu mise sur l'inclusion des particuliers, en utilisant les réseaux de microfinance et les plateformes numériques comme MySUNU Bank pour intégrer l'assurance dans la vie financière de tous les jours. La NSIA donne la priorité aux entreprises et aux clients institutionnels, en s'appuyant sur des produits structurés, la finance climatique et la gouvernance décentralisée pour obtenir des comptes de plus grande valeur.
Pourtant, ces deux banques sont confrontées à des défis structurels. Elles sont en retard sur des géants pan-régionaux tels que Ecobank (33 pays) et SanlamAllianz (26), et doivent perfectionner le personnel des banques pour qu'il puisse faire de la vente croisée d'assurance de manière efficace. Les régulateurs, quant à eux, font pression pour plus d'innovation, de numérisation et de protection des consommateurs.
Les stratégies de rattrapage sont claires : Sunu prévoit une entrée en Côte d'Ivoire et de nouveaux services bancaires immobiliers ; NSIA vise à ouvrir jusqu'à deux nouvelles agences par an jusqu'en 2027, avec des synergies de bancassurance axées sur l'assurance emprunteur. Le duel ne vise pas tant à faire des gagnants qu'à façonner des modèles complémentaires. Pour les consommateurs comme pour les entreprises, le concours pourrait élargir l'accès, l'efficacité et le choix sur un marché longtemps dominé par les opérateurs historiques.