- Le Sénégal prépare une vente d'obligations de 300 milliards de francs CFA (537 millions de dollars) sur le marché de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) ce mois-ci.
- L'opération sera divisée en quatre tranches avec des échéances de 3, 5, 7 et 10 ans, offrant des rendements compris entre 6,40 % et 6,95 %.
- Cette nouvelle collecte de fonds intervient alors que le Sénégal s'appuie fortement sur les marchés régionaux pour combler un déficit croissant.
Le Sénégal prépare une vente d'obligations de 300 milliards de francs CFA (537 millions de dollars) sur le marché de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) ce mois-ci, selon des personnes au fait du dossier citées par Jeune Afrique.
L'opération sera divisée en quatre tranches avec des maturités de 3, 5, 7 et 10 ans, offrant des rendements compris entre 6,40 % et 6,95 %. Il s'agirait de la troisième émission de Dakar en 2025, après les 405 milliards de francs CFA levés en avril et les 360 milliards de francs CFA levés en juillet. Le ministère des finances s'est refusé à tout commentaire, invoquant les règles du marché.
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La nouvelle levée de fonds intervient alors que le Sénégal s'appuie fortement sur les marchés régionaux pour combler un déficit croissant. Entre avril et juillet, il a levé plus de 1 000 milliards de francs CFA, contre seulement 260 milliards de francs CFA pour l'ensemble de l'année 2024. Au cours du premier semestre 2025, il a également fait appel au marché des titres publics de l'UEMOA pour 1,26 trillion de francs CFA.
Cette poussée fait suite à une révision de la dette qui a porté le ratio dette/PIB à plus de 110 % après que les auditeurs ont découvert 7 milliards de dollars de passifs cachés de l'administration précédente. Le FMI a gelé une ligne de crédit de 1,8 milliard de dollars dans l'attente de réformes.
Points clés à retenir
Le retour du Sénégal sur le marché obligataire régional montre comment l'UMOA est devenue le principal soutien financier du pays dans un contexte de relations tendues avec les bailleurs de fonds internationaux. Les investisseurs régionaux - principalement les banques et les fonds de pension - ont absorbé plus de 2 200 milliards de francs CFA des emprunts du Sénégal pour la seule année 2025, ce qui souligne à la fois leur appétit et la dépendance du gouvernement.
Mais cette dépendance comporte des risques. Les rendements augmentent à mesure que la liquidité du système bancaire de l'UEMOA se resserre, tandis que les émissions répétées de Dakar soulèvent des questions sur l'éviction des emprunteurs privés.
Les banques préfèrent déjà le papier souverain aux prêts aux PME, et comme le Sénégal prélève des sommes de plus en plus importantes, le déséquilibre pourrait s'aggraver. Le FMI pousse Dakar à vérifier les arriérés, à centraliser les données relatives à la dette et à consolider les finances publiques dans le cadre d'un compte unique du Trésor. L'avancement de ces réformes déterminera si le FMI débloque une nouvelle aide et si les marchés obligataires internationaux rouvrent leurs portes.
En attendant, les créanciers régionaux restent la seule bouée de sauvetage. Les enjeux sont importants : si le Sénégal stabilise la trajectoire de sa dette, sa dépendance à l'égard de l'UMOA pourrait lui donner un répit. Dans le cas contraire, le poids croissant des emprunts régionaux risque d'amplifier les pressions budgétaires au lieu de les atténuer.