Afrique de l'Ouest: La Guinée devient la deuxième économie de l'UEMOA après son redimensionnement

22 Septembre 2025
  • L'économie guinéenne a fait un bond de 51,2 % dans la nuit, après que Conakry a achevé une réévaluation longtemps attendue de son produit intérieur brut.
  • Cette révision porte le PIB de la Guinée à plus de 37 milliards d'euros (40 milliards de dollars), ce qui la place devant le Sénégal en tant que deuxième économie de l'Afrique de l'Ouest francophone.
  • Le FMI prévoit une expansion de 6,5 % en 2025, qui atteindra environ 10 % l'année suivante, lorsque le projet de minerai de fer de Simandou, d'une valeur de 15 milliards de dollars, entrera en production.

L'économie guinéenne a fait un bond de 51,2 % dans la nuit après que Conakry a achevé une réévaluation longtemps attendue de son produit intérieur brut, en adoptant le système de comptabilité nationale 2008 des Nations unies.

Cette révision porte le PIB de la Guinée à plus de 37 milliards d'euros (40 milliards de dollars), ce qui lui permet de devancer le Sénégal en tant que deuxième économie de l'Afrique de l'Ouest francophone, derrière la Côte d'Ivoire. Le ratio dette/PIB et d'autres ratios s'améliorent sur le papier, bien que les pressions budgétaires sous-jacentes restent inchangées.

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La croissance devrait s'accélérer. Le FMI prévoit une expansion de 6,5 % en 2025, qui atteindra environ 10 % l'année suivante, lorsque le projet de minerai de fer de Simandou, d'une valeur de 15 milliards de dollars, entrera en production. La production annuelle de 120 millions de tonnes devrait permettre à l'industrie minière de représenter 26 % du PIB d'ici 2026, ce qui augmentera les réserves de change et réduira le déficit des comptes courants.

Le pays a également obtenu sa première notation souveraine. S&P a attribué à la Guinée la note B+ avec des perspectives stables le 18 septembre, ouvrant ainsi la voie à sa première vente d'obligations internationales. Pourtant, la pauvreté reste obstinément élevée (52 %) et la création d'emplois est limitée en dehors de l'exploitation minière.

Points clés à retenir

Le rebasement de la Guinée met en évidence le paradoxe auquel sont confrontées les économies africaines riches en ressources : un PIB global en hausse et des indicateurs macroéconomiques solides, mais une pauvreté et une vulnérabilité persistantes. Le projet Simandou pourrait transformer la situation budgétaire du pays, en générant jusqu'à 2 milliards de dollars par an d'exportations de minerai de fer d'ici la fin de la décennie.

Avec l'augmentation des expéditions de bauxite, qui devraient atteindre 200 millions de tonnes d'ici 2025, la Guinée devrait devenir l'un des principaux exportateurs de minerais au monde. Mais la croissance concentrée sur l'exploitation minière risque d'aggraver les inégalités. Les secteurs non liés aux ressources restent faibles et la Banque mondiale prévient qu'une fois que le boom temporaire de la construction à Simandou aura pris fin, des milliers de travailleurs pourraient se retrouver sans emploi.

Le revenu national brut par habitant étant inférieur à 2 000 dollars, la réduction de la pauvreté passe par une diversification dans l'industrie manufacturière, les services et l'agriculture. Le relèvement de la note souveraine donne à Conakry de nouvelles possibilités d'emprunt, mais la viabilité de la dette dépendra de la discipline budgétaire. Le déficit budgétaire a atteint 4,8 % du PIB en 2024, tandis que la dette publique a augmenté en raison des dépenses d'infrastructure. Les investisseurs pourraient être attirés par la note B+, mais la stabilité à long terme dépendra de l'affectation des recettes minières à une transformation économique plus large.

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