Togo: L'ex-ministre de la Défense placée sous mandat de dépôt

Ancienne ministre des Armées Margueritte Gnakade

Au Togo, les autorités sortent du silence dans l'affaire Marguerite Gnakadé. Arrêtée la semaine dernière, cette ancienne ministre des Armées a été placée sous mandat de dépôt, vendredi 19 septembre, selon un communiqué du procureur général de la République. Elle est poursuivie pour soulèvement contre l'autorité de l'État, publication de fausses nouvelles ou encore troubles aggravés à l'ordre public, dans une affaire qui, si l'on en croit le parquet, concernerait le chanteur Aamron, également arrêté, avant d'être remis en liberté provisoire.

Dans deux communiqués distincts, en date du 20 septembre, le procureur de la République togolaise, Talaka Mawama, révèle que Marguerite Gnakadé aurait commis « des agissements réitérés constitutifs d'atteintes à la sûreté de l'État », des soupçons confirmés par l'enquête préliminaire. Le communiqué indique par ailleurs que la prévenue aurait délibérément détruit un élément de preuve, lors de sa garde à vue.

« Je n'ai pas eu de nouvelles, depuis son déferrement devant le juge vendredi », informe son conseil, Me Elom Koffi Kpadé. Dans l'attente d'une « rencontre formelle et apaisée », il assure ne pas avoir « connaissance d'éléments probants qui militeraient en faveur des infractions qui lui sont reprochées ».

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Connue pour ses prises de position contre son ancien beau-frère, le président Faure Gnassingbé, elle se serait livrée à des « appels séditieux à l'armée » entre les mois de juillet et de septembre, une période au cours de laquelle elle aurait rencontré, à plusieurs reprises, une autre figure critique du pouvoir : le chanteur Aamron, de son vrai nom Narcisse Tchala Essowè.

Placé sous contrôle judiciaire, ce dernier est soumis à une liberté de mouvement restreinte et poursuivi pour soulèvement contre l'autorité de l'État, diffusion de fausses nouvelles ou encore outrages envers les représentants de l'autorité de l'État. Cette inculpation survient, quelques mois seulement, après une première arrestation, fin mai dernier.

« Je ne sais pas pourquoi ils les mettent dans le même panier », s'insurge l'avocat et conseil des deux prévenus, « mais, selon moi, on essaie juste de faire taire des voix qui dérangent et qu'en réalité, il s'agit d'un procès politique », ajoute Me Elom Koffi Kpadé.

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