Depuis le début de l'enquête sur l'ancien commissaire de police (CP), Anil Kumar Dip, est considéré comme étant au sommet de la pyramide de l'affaire de Reward Money, qui a révélé des détournements de fonds publics estimés à Rs 250 millions, voire plus. Il est convoqué pour un interrogatoire à la Financial Crimes Commission (FCC), ce mardi 23 septembre à 13 heures . Selon les informations disponibles, cette convocation pourrait s'étaler sur plusieurs jours au Réduit Triangle, sujette à la disponibilité de son avocat, Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel.
L'ex-CP devrait sans doute s'expliquer sur sa décision d'amender le Standing Order 132 des Police Regulations, le 31 décembre 2021. Cette mesure a modifié la politique de son prédécesseur et a permis le déclenchement du système de Reward Money tel qu'il a été prétendument perverti.
Par ailleurs, il y a les correspondances portant la signature d'Anil Kumar Dip et adressées à la State Bank of Mauritius, donnant l'autorisation de retraits en liquide de Rs 1 million par jour pendant le mois d'octobre 2024 et observés sur les comptes de l'assistant commissaire de police (ACP) Dunraz Gangadin et de l'assistant surintendant de police (ASP) Rajcoomar Seewoo, figureront aussi certainement parmi les questions clés de l'enquête.
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L'enquête, qui a débuté il y a plus de quatre mois, a déjà conduit à l'arrestation de plusieurs hauts gradés de la police. L'ACP Dunraz Gangadin, ancien chef de la défunte PHQ Special Striking Team (SST), est accusé provisoirement d'avoir transféré Rs 76,8 millions sur le compte du sergent Yeshdeo Seeboruth, bien que ce dernier ne faisait pas partie des unités opérationnelles concernées. Au total, Rs 160,4 millions ont transité par son compte bancaire entre janvier 2023 et novembre 2024.
Le sergent Ali Hossen, également ancien membre de l'ex-SST, est soupçonné d'avoir détourné Rs 83 millions, tandis que l'ASP Rajcoomar Seewoo, ancien responsable de la Special Intelligence Cell, aurait perçu Rs 34,7 millions, incluant ces retraits suspects de Rs 1 million par jour en novembre 2024, à la veille des élections générales. Le sergent Yeshdeo Seeboruth, affecté à la Police Research and Development Unit, est lui accusé d'avoir reçu Rs 19 millions sur une période de 20 mois.
L'ASP Faraaz Mooniaruth, ancien responsable de la Force Crime Intelligence Unit, est impliqué pour avoir autorisé une fausse réclamation de Rs 3 millions alors que le surintendant de police Ashik Jagai, l'ex-patron de la SST également, est provisoirement accusé pour avoir recommandé des paiements fictifs ou excessifs totalisant Rs 86 millions. Ce dernier est toujours en détention policière du fait qu'il n'aurait pas respecté ses conditions de liberté conditionnelle.
L'enquête a mis en lumière de graves anomalies dans le processus de gestion du Reward Money, notamment l'absence de rapports du Forensic Science Laboratory dans certains dossiers, des saisies de drogue décrites comme «fictives» pas les enquêteurs de la FCC et des autorisations de paiement suspectes, révélant des failles dans le contrôle interne.
Une audition clé a aussi précipité la convocation de l'ex-CP Dip. L'ASP Bahadoor, ancien responsable de la Flying Squad, avait aussi indiqué, le mercredi 17 septembre, à la FCC, qu'Anil Kumar Dip supervisait directement l'approbation des demandes de Reward Money, confirmant son rôle au sommet du dispositif.
L'audition d'Anil Kumar Dip constitue donc une étape cruciale dans cette enquête tentaculaire, qui pourrait permettre de comprendre l'organisation du système de Reward Money, identifier d'autres responsables et mettre au jour les mécanismes exacts des détournements.