Afrique: ONU - Un dialogue mondial sur l'IA, le continent appelé à jouer un rôle central

Réunion de haut niveau de l'Assemblée générale pour commémorer le 80e anniversaire de la création des Nations Unies.
23 Septembre 2025

La 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies a marqué un tournant avec le lancement du Groupe scientifique international indépendant sur l’intelligence artificielle et du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA.

Ces deux initiatives, inscrites dans le Pacte pour l’avenir, visent à encadrer le développement de l’IA à l’échelle mondiale à travers des évaluations rigoureuses et des recommandations politiques. Mais leur succès dépendra largement de l’implication des pays du Sud, et en particulier du continent africain.

Selon les projections, un quart de la population mondiale sera africaine d’ici 2050. Dès 2035, l’Afrique disposera déjà de la plus grande main-d’œuvre jeune au monde. Dynamique, le continent affiche également le taux le plus élevé d’esprit d’entreprise et une forte progression de l’adoption numérique et des écosystèmes de startups.

Pourtant, les chiffres révèlent un contraste saisissant. Moins de 1 % des centres de données mondiaux sont implantés en Afrique, et la recherche en IA y reste marginale, tout comme la présence des langues africaines sur Internet (0,02 % du contenu en ligne).

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Pour combler ce retard, les nouvelles initiatives de gouvernance de l’IA pourraient jouer un rôle structurant. Les experts insistent toutefois sur la nécessité de dépasser le « problème du rythme » : là où la technologie évolue en quelques semaines, la gouvernance avance souvent en plusieurs années. D’où l’appel à un processus politique continu, intégrant des mécanismes de prévision des risques et des systèmes de suivi en temps réel, afin d’apporter des réponses rapides et adaptées.

Entre autres défis, la fragmentation des réponses réglementaires. Pour y remédier, les Nations Unies misent sur une gouvernance agile et inclusive. La mise en place de panels regroupant gouvernements, société civile et acteurs privés, associée à des outils tels que les « bacs à sable réglementaires » et les projets pilotes, permettrait d’expérimenter et d’adapter les règles en permanence.

Pour les observateurs, ce Dialogue mondial offre à la fois un test crucial pour les institutions multilatérales et une opportunité pour l’Afrique de peser davantage dans les débats technologiques mondiaux. Au-delà de la régulation, l’enjeu est clair : garantir que la révolution de l’IA contribue à accélérer les objectifs de développement durable, sans laisser aucun continent ni aucune population de côté.

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