Sénégal: Saly Portudal - L'État mise sur l'« austrécole » pour structurer une nouvelle filière d'exportation

23 Septembre 2025

Le conseiller technique du ministère de la Pêche et de l'Économie maritime, le Chérif Sambou, a présidé hier lundi 22 septembre 2025, à Saly Portudal, l'ouverture d'un atelier consacré à la filière ostréicole, communément appelée « austrécole » ou concombre de mer.

Cet atelier, initié par la Direction des Économies de Pêche Aquacoles (DEPA), marque une étape cruciale dans la structuration de cette pêche artisanale, identifiée comme un levier de développement économique pour les localités insulaires.

S'exprimant devant les participants, Chérif Sambou a dressé un bilan positif des actions déjà entreprises. « Il faut saluer le travail important qui a déjà été accompli », a-t-il déclaré, soulignant que « tous les acteurs sont identifiés, les zones d'exploitation de cette espèce sont identifiées ».

Le premier jalon, consistant à enregistrer et à mettre en réseau les pêcheurs, serait donc posé. Désormais, l'accompagnement de l'État se concentrerait sur une phase plus exigeante : « l'identification et le suivi sanitaire de ces zones d'exploitation ». Cet impératif est la clé pour franchir une étape majeure : l'exportation.

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Rappelons qu'aujourd'hui, c'est une espèce qui est consommée seulement au Sénégal parce que déjà nous n'avons pas l'agrément pour l'exportation. Et là, je pense que c'est un jalon déjà posé pour qu'on puisse aller vers l'exportation de cette espèce », a expliqué M. Sambou.

C'est précisément ce verrou que les autorités souhaitent lever. L'État a entrepris d'organiser les acteurs, d'identifier les zones d'exploitation et de mettre en place un dispositif de suivi sanitaire et environnemental, pour obtenir le feu vert des instances internationales et ainsi pouvoir exporter vers les marchés asiatiques. Si cette étape est franchie, l'« austrécole » pourrait rapidement s'imposer comme un levier majeur de croissance bleue, au même titre que la pêche industrielle ou l'aquaculture moderne.

La chair des concombres de mer est très recherchée dans certains pays d'Asie, en particulier en Chine, où elle est considérée comme un mets raffiné réservé aux grandes occasions. Dans la médecine traditionnelle asiatique, elle est également réputée pour ses propriétés fortifiantes et aphrodisiaques. Cette double demande culinaire et médicinale en fait un produit hautement valorisé Séché, transformé et exporté, le concombre de mer peut atteindre sur les marchés asiatiques des prix vertigineux, allant jusqu'à plusieurs centaines de dollars le kilo pour les espèces les plus prisées.

Interrogé sur l'adhésion des acteurs de terrain, le conseiller technique a fait part de « feedback positif ». Il a rappelé l'antériorité de cet accompagnement en citant l'exemple du groupement « Angier » de Foundiougne, qui bénéficiait déjà d'un appui pour la transformation et la commercialisation à Dakar. La présente initiative, plus large, vise à fédérer tous les acteurs, « de Saint-Louis à Ziguinchor ». « Le fait de les unir dans un réseau est déjà un feedback important », a-t-il estimé, promettant que les travaux en atelier permettraient de recueillir plus précisément les ressentis.

Avec une demande mondiale en pleine expansion et des stocks encore préservés sur le littoral sénégalais, les concombres de mer apparaissent comme une opportunité stratégique. Bien gérée, cette filière pourrait rapporter des devises considérables, diversifier les revenus de la pêche artisanale et contribuer à améliorer les conditions de vie des communautés riveraines. Derrière ce modeste animal marin se profile donc un enjeu économique de taille, où l'organisation et la régulation détermineront si le Sénégal saura transformer son potentiel naturel en richesse durable.

Cet atelier s'annonce ainsi comme une plateforme décisive pour transformer le potentiel de la filière holothurie en opportunités économiques durables, notamment par l'obtention des certifications nécessaires à la conquête de marchés internationaux.

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