Afrique: Hypertension - L'OMS alerte sur une crise mondiale aux lourds coûts humains et économiques

Le manque de sensibilisation et de contrôle entrave la lutte contre l'hypertension en Afrique (archive)
23 Septembre 2025

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié ce 23 septembre son deuxième rapport mondial sur l’hypertension, révélant que 1,4 milliard de personnes vivaient avec cette maladie en 2024. Pourtant, seule une personne sur cinq parvient à contrôler sa tension artérielle, malgré l’existence de traitements efficaces et de mesures de prévention.

Présenté lors d’un événement organisé en marge de la 80e Assemblée générale des Nations Unies qui se déroule présentement à New York, en partenariat avec Bloomberg Philanthropies et Resolve to Save Lives, le rapport met en lumière une réalité inquiétante : dans les pays à faible revenu, seuls 28 % disposent de tous les médicaments recommandés par l’OMS dans les structures de soins primaires, contre 93 % dans les pays riches.

Une menace sanitaire et économique majeure

L’hypertension est l’une des principales causes de crises cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), d’insuffisance rénale chronique et de démence. « Chaque heure, plus de 1 000 personnes meurent de crises cardiaques et d’AVC liés à l’hypertension, et la majorité de ces décès sont évitables », a rappelé le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.

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Au-delà de l’impact sanitaire, le coût économique est colossal : entre 2011 et 2025, les maladies cardiovasculaires (dont l’hypertension) devraient peser 3 700 milliards de dollars aux pays à revenu faible et intermédiaire, soit près de 2 % de leur PIB combiné.

Des systèmes de santé sous pression

L’analyse des données de 195 pays montre que 99 d’entre eux affichent des taux de contrôle de l’hypertension inférieurs à 20 %. Les obstacles sont multiples, notamment l’absence de protocoles normalisés, le manque d’appareils de mesure fiables, les prix élevés des médicaments, la faiblesse des politiques de prévention (alcool, tabac, alimentation, sédentarité), ou encore les chaînes d’approvisionnement fragiles.

« Trop de pays à revenu faible et intermédiaire sont laissés pour compte », a souligné le Dr Kelly Henning, responsable du programme de santé publique chez Bloomberg Philanthropies. Selon elle, seules des politiques robustes de sensibilisation et d’accès aux soins permettront de réduire les décès évitables.

Pour l’OMS, l’accès universel aux médicaments antihypertenseurs demeure la clé. « Il existe des médicaments sûrs, efficaces et peu coûteux, mais beaucoup trop de patients ne peuvent pas y accéder », a regretté le Dr Tom Frieden, directeur de Resolve to Save Lives.

L’agence onusienne appelle à renforcer les systèmes de santé primaires, à améliorer les chaînes d’approvisionnement et à intégrer la lutte contre l’hypertension dans les stratégies de couverture sanitaire universelle.

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