Guinée: Les électeurs guinéens soutiennent la nouvelle loi portant à sept ans la durée du mandat présidentiel

23 Septembre 2025

TLDR

  • Les Guinéens ont voté à une écrasante majorité en faveur d'une nouvelle constitution qui prolonge les mandats présidentiels de cinq à sept ans.
  • Les résultats provisoires du référendum du 21 septembre ont montré que 90,6 % des électeurs étaient favorables au projet et 9,4 % défavorables, sur la base de 91 % des bulletins dépouillés.
  • La nouvelle charte permet à M. Doumbouya, qui s'est emparé du pouvoir lors d'un coup d'État en 2021, de se présenter aux élections après s'être initialement engagé à un retour rapide à un régime civil.

Les Guinéens ont voté massivement en faveur d'une nouvelle constitution qui prolonge les mandats présidentiels de cinq à sept ans et permet au chef militaire, le général Mamadi Doumbouya, de contester les futures élections.

Les résultats provisoires du référendum du 21 septembre ont montré que 90,6 % des électeurs étaient favorables au projet, contre 9,4 % défavorables, sur la base de 91 % des bulletins de vote dépouillés, a déclaré le chef des élections, Djenabou Touré Camara, tard lundi à Conakry.

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La nouvelle charte permet à M. Doumbouya, qui a pris le pouvoir lors d'un coup d'État en 2021, de se présenter aux élections après avoir promis un retour rapide à un régime civil. Elle introduit également des règles plus strictes pour la participation aux partis politiques.

Les dirigeants de l'opposition, notamment Cellou Dalein Diallo et l'ancien président Alpha Condé, ont boycotté le vote après la suspension de leurs partis. Les observateurs internationaux, y compris le bureau des droits de l'homme des Nations unies, ont exprimé leurs inquiétudes quant aux restrictions imposées aux groupes politiques et aux médias, remettant en cause la crédibilité et l'inclusivité du processus.

Points clés à retenir

Le référendum reflète une tendance régionale plus large de consolidation du pouvoir en Afrique de l'Ouest par des gouvernements dirigés par des militaires. La Guinée rejoint le Mali, le Niger et le Burkina Faso dans la réécriture des règles politiques à la suite des coups d'État de ces dernières années. En prolongeant les mandats présidentiels et en levant l'interdiction des candidatures militaires, la nouvelle constitution renforce l'emprise de Doumbouya tout en réduisant l'espace des partis d'opposition, dont beaucoup ont été suspendus ou réduits au silence. Les analystes estiment que le taux d'approbation élevé reflète à la fois une concurrence limitée et une campagne dominée par des rassemblements en faveur du "oui" soutenus par l'État, tandis que les opposants ont été relégués aux médias sociaux. Ce résultat soulève des questions sur la trajectoire démocratique de la Guinée et sur les perspectives d'une véritable transition civile. Il souligne également l'évolution des alignements géopolitiques, les juntes de la région prenant leurs distances avec la France et cherchant à resserrer les liens avec la Russie. Pour les partenaires internationaux, ce résultat est le signe d'une incertitude persistante quant à l'avenir politique et à la gouvernance de la Guinée.

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