Madagascar: Expression - Ramer ou cramer !

Chercher la petite bête là où il n'y en a pas est devenu une spécialité de certains animateurs et influenceurs du pays actuellement. Cela est dû à deux raisons. D'une part, leur métier consiste à aiguillonner leurs followers. Devenus des leaders d'opinion à part entière, ces membres du cinquième pouvoir ont leurs mots à dire.

Sous un autre angle, cette opportunité de s'exprimer sur ce qui se passe dans le pays attire des followers. Suite logique, la popularité s'accroît d'une manière exponentielle. Du reste, la paupérisation s'avère un moyen idoine pour parvenir à des fins sociales.

Parfois, les propos émis appuient la division. Ils crachent des balivernes pour se donner de l'importance. « Réveillez-vous », disent-ils, alors qu'ils s'installent dans un canapé de fainéantise.

De leurs bouches sortent des injures, des phrases irrespectueuses, des paroles de dénigrement. Tout cela, c'est pour avoir des réactions et des commentaires haineux venant des 12% utilisateurs de réseaux sociaux, en l'occurrence Facebook. Cependant, il est vrai que ces 4 millions d'âmes dont le quart est actif sont loin d'être négligeables. Ces personnes constituent une force majeure... la majorité silencieuse.

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Et le silence peut aussi être assourdissant lorsque les choses vont mal. Donc, il est préférable de ne pas jouer avec le feu. Faut-il rappeler que la radio Milles collines était l'une des braises qui ont incendié le Rwanda en 1994 ? Madagascar, pays parmi les plus pauvres de la planète, mérite-t-il encore de revivre la guerre civile de 1991 et la crise post-électorale de 2002 ?

De plus, ces pseudo lanceurs d'alerte entreprennent leur vie paisible à l'étranger. « D'accord, la pauvreté fait rage dans ce pays mais le désordre n'est pas souhaitable. La Nation courra à sa perte », s'exprime l'économiste formé à Toronto, Aurélien Razakanandriana. « Renverser le pouvoir serait-il nécessaire ? » se demande Mozart Faly, un jeune opérateur touristique.

En tout cas, le mécontentement est à son paroxysme. Le régime actuel devrait, à tout prix, découvrir la racine du mal pour éviter l'explosion sociale. La prise de responsabilité traîne, alors que le ventre vide n'a point d'oreille. « Il faut tout de même comprendre la population. Ces influenceurs, bien qu'ils soient casés, font preuve d'empathie, sentant la peine des compatriotes. Ils se mettent à leur place. Ils essaient de comprendre la situation », avance un activiste, Mario Willy Tahina.

Le peuple est entièrement déçu. Les promesses électorales ne sont malheureusement pas tenues. Par dessus le marché, les Malgaches ont l'impression de vivre deux ans de campagne électorale. Les promesses continuent...

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