Entre 2021 et 2024, les établissements financiers internationaux ont alloué près de 4 000 milliards de dollars aux énergies fossiles, soit deux fois plus que les montants consacrés à la transition énergétique, selon un rapport publié hier, mardi 23 septembre 2025 par plusieurs ONG.
Les grandes banques mondiales sont de nouveau sous le feu des critiques. Dans une étude rendue publique le 23 septembre, un collectif d'ONG, parmi lesquelles Reclaim Finance, dresse un constat sans appel : malgré leurs engagements en faveur du climat, les établissements financiers continuent de soutenir massivement les énergies polluantes. Selon le rapport, 3 950 milliards de dollars ont été investis dans le pétrole, le gaz et le charbon entre 2021 et 2024, contre seulement 1 750 milliards dans les projets liés aux énergies renouvelables ou à l'efficacité énergétique. « Tant que les banques continuent de financer deux fois plus les énergies fossiles que la transition, elles retardent l'atteinte des objectifs climatiques », estime Lucie Pinson, directrice de Reclaim Finance.
La ventilation des financements illustre ce déséquilibre: 50 % dirigés vers le secteur pétrolier; 35 % vers le gaz;15 % vers le charbon, pourtant l'énergie la plus émettrice de CO₂.
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Sur le plan géographique, 40 % des capitaux sont allés à l'Amérique du Nord; 30 % à l'Asie; 20 % à l'Europe; tandis que l'Afrique et l'Amérique latine se partagent moins de 10 %.
Ces données soulignent l'écart entre les annonces publiques des banques et la réalité de leurs investissements. La plupart des grands groupes bancaires ont pourtant adhéré à l'Alliance bancaire pour la neutralité carbone (Net-Zero Banking Alliance), qui prévoit une réduction progressive des financements aux énergies fossiles. Mais dans les faits, « le verdissement du secteur reste largement théorique », commentent les ONG.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a rappelé que les financements fossiles devraient être réduits de 80 % d'ici 2030 pour maintenir le réchauffement sous la barre des 1,5 °C fixée par l'Accord de Paris. Face à ces exigences, plusieurs experts plaident pour un cadre réglementaire plus strict afin de contraindre les banques à aligner leurs choix financiers sur les objectifs climatiques. « Sans règles claires et contraignantes, les discours volontaristes resteront sans effet », analyse un économiste spécialisé dans la finance durable.