Cameroun: Bello Bouba maigari assume le trucage de la présidentielle 2018 et les prisonniers du MRC

24 Septembre 2025

Dans une déclaration fracassante, l'ancien ministre d'État et candidat à la présidentielle 2025, Bello Bouba Maigari, a levé un coin de voile sur des réalités politiques longtemps dénoncées par l'opposition camerounaise. S'exprimant dans le contexte d'une élection hautement tendue, le leader de l'UNDP a reconnu que les élections de 2018 ont été entachées d'irrégularités majeures, employant le terme sans équivoque de « truquées ».

L'homme d'État, figure historique ayant servi sous Paul Biya avant de rompre récemment leur alliance, a apporté un éclairage crucial sur la situation des militants arrêtés. Selon lui, les détenus du MRC ne sont pas des criminels mais des prisonniers d'opinion, une qualification forte qui contredit la position officielle des autorités judiciaires. Cette prise de position audacieuse, définie par Amnesty International comme s'appliquant à des personnes n'ayant usé ni de violence ni d'incitation à la haine, relance le débat sur la nature du régime en place et le respect des libertés fondamentales. Le processus électoral camerounais se trouve une nouvelle fois au coeur des interrogations, son intégrité étant publiquement mise en cause par un acteur majeur de la scène politique.

Cette reconnaissance inattendue, venant d'un ancien pilier du système, soulève des questions sur l'avenir de la réconciliation nationale, un thème souvent avancé par le pouvoir. Les propos de Bello Bouba Maigari pourraient-ils ouvrir la voie à un dialogue politique inclusif, ou signalent-ils une fracture plus profonde au sein de l'échiquier politique ?

Cette confession d'un poids lourd de l'ancienne majorité illustre les tensions internes et la nécessité d'une profonde réflexion sur la crise politique camerounaise. L'onde de choc de ces révélations risque de marquer durablement le débat public, poussant les Camerounais à s'interroger sur la vérité des urnes et le prix de la dissidence.

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