Le gouvernement du Zimbabwe a achevé le déploiement d'un nouveau système de gestion des impôts et des recettes en ligne (TaRMS, acronyme en anglais), dans le cadre d'un effort de réforme ambitieux soutenu par le Groupe de la Banque africaine de développement.
Ce nouveau système a été officiellement inauguré le 18 août dernier à Harare par le vice-ministre des Finances du pays, David Kudakwashe Mnangagwa, point culminant d'un processus lancé en 2023 et mis en oeuvre par étapes depuis lors.
Le système de gestion des impôts et des recettes a été élaboré dans le cadre d'un projet de renforcement de la fiscalité et de la responsabilité, doté de 10,4 millions de dollars et soutenu par le Groupe de la Banque africaine de développement dans le cadre des efforts déployés par le gouvernement zimbabwéen pour améliorer la mobilisation des ressources intérieures.
Le Groupe de la Banque a accordé un don de sept millions de dollars pour la conception et le développement du système en ligne, tandis que le gouvernement du Zimbabwe a financé l'achat du matériel. Le projet comprenait également la formation des parties prenantes et des utilisateurs internes et externes, ainsi que des activités de gestion du changement.
Selon l'Autorité fiscale du Zimbabwe (ZIMRA), les recettes collectées auprès de nouveaux contribuables ont bondi de 238 % en 2024 (la première année complète suivant le début du déploiement du nouveau système) par rapport à 2023.
M. Mnangagwa a décrit cette innovation comme une étape audacieuse dans le programme de réforme économique du pays, visant à renforcer la mobilisation des recettes, à améliorer l'expérience des contribuables et à poser des bases solides pour une croissance durable.
Pour le président du Conseil d'administration de la ZIMRA, Anthony Mandiwanza, le nouveau système « TaRMS est fondamentalement un instrument de construction nationale. C'est un pont entre les contribuables et les autorités, consolidant la confiance, la transparence et l'efficacité, tout en alignant fermement la ZIMRA sur les aspirations de la Vision 2030. »
Kelvin Banda, responsable du bureau national du Groupe de la Banque au Zimbabwe, a souligné l'importance d'améliorer l'efficacité de la collecte des recettes.
« Face à la diminution de l'aide au développement et des financements des donateurs, ainsi qu'aux difficultés croissantes d'accès aux prêts extérieurs, une mobilisation accrue des ressources nationales est un mécanisme politique essentiel pour aider les pays africains à relever leurs défis de développement spécifiques », a souligné M. Banda. Avant d'ajouter : « Ce lancement constitue une étape importante non seulement pour le gouvernement du Zimbabwe et l'Autorité fiscale du Zimbabwe, mais aussi pour la Banque africaine de développement. »
Ces dernières années, les recettes publiques en Afrique ont connu une stagnation et des reculs, dans un contexte de faible croissance économique mondiale et de conditions macroéconomiques difficiles. Le ratio recettes/PIB en Afrique est inférieur à celui des autres régions, le ratio moyen des recettes fiscales/PIB restant inférieur à 15 % dans plus de la moitié des pays du continent.
La Banque africaine de développement estime que le ratio médian impôts/PIB en Afrique devrait augmenter de son niveau actuel d'environ 14 % à un minimum de 27,2 % pour combler le déficit de financement annuel estimé à 402,2 milliards de dollars nécessaires pour atteindre les Objectifs de développement durable et l'Agenda 2063 de l'Union africaine.
L'introduction du nouveau système TaRMS devrait aider le Zimbabwe à combler les fuites de recettes, à élargir l'assiette fiscale et à permettre aux contribuables en règle de remplir plus facilement leurs obligations grâce à une réduction des formalités administratives, des processus plus rapides et des règles de conformité plus claires pour les entreprises.