TUNIS — La célèbre actrice italo-tunisienne naturalisée française, Claudia cardinale s'est éteinte, dans la soirée du mardi à mercredi, à l'âge 87 ans à Paris, après une carrière artistique internationale distinguée entamé depuis Tunis.
Claudia Cardinale (15 avril 1938-23 septembre 2025), est l'une des célébrités mondiales originaires native de Tunis dont le parcours artistique avait commencé il y a plus de sept décennies.
Elle est porteuse du titre de la plus belle italienne de Tunis », au milieu des années 50. Sa beauté lui avait ouvert, en 1957, les portes de la gloire et des grands studios de tournage à Rome comme à Paris où elle réside depuis longtemps.
Retour sur la vie de l'actrice à travers le documentaire « Claudia Cardinale, la plus belle italienne de Tunis » et un hommage qui lui a été rendu aujourd'hui par le centre national du cinéma et de l'image et l'association "Ciné-Sud Patrimoine
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Doucmentaire « la plus belle italienne de Tunis»
Dans les années 90, un bel hommage avait été rendu par le réalisateur Mahmoud Ben Mahmoud à cette icône du cinéma mondial à travers un documentaire intitulé « Claudia Cardinale, la plus belle italienne de Tunis », une interview exclusive de 26 mn réalisée avec son compagnon de route Mohamed Challouf qui conduisait l'entretien.
L'interview est réalisée en 1994 dans les locaux de l'Institut du Monde arabe soit près de sept ans après l'inauguration en 1987 de ce haut lieu de la Civilisation arabe niché sur la Seine au coeur de Paris.
Le réalisateur brosse le portrait de la belle adulée de Tunis et livre le parcours inédit de la diva qui se prononce en Italien et un peu en dialecte tunisien. Il fouille dans les souvenirs lointains de cette icône des années 60 issue d'une famille sicilienne qui s'était installée sur trois générations en Tunisie.
Les hommages de "Ciné-Sud Patrimoine » et du CNCI
Dans un communiqué publié, mercredi après-midi, l'Association tunisienne "Ciné-Sud Patrimoine", dirigée par Mohamed Chalouf a rendu rendu un hommage vibrant à la belle italo-tunisienne: « C'est avec une profonde tristesse et une vive émotion que nous avons appris le décès de notre illustre compatriote Claudia Cardinale, « la più bella italiana di Tunisi », en référence au titre du film documentaire réalisé il près de 33 ans.
« Par son immense talent et sa personnalité unique, Claudia a marqué des générations de spectateurs à travers une filmographie exceptionnelle », ajoute l'Association tout en rappelant les débuts de l'actrice « née à Tunis au sein d'une famille d'origine sicilienne au sein d'une importante communauté italienne qui comptait près de 12 000 personnes que la Tunsie su accueillir pour leur offrir paix et prospérité ».
A l'âge de 17 ans, Claudia a été élu « la plus belle italienne de Tunisie », un titre qui lui avait permis de faire ses premiers pas au cinéma en 1956 avec un premier rôle dans « Chaines d'or » de René Vautier puis dans le long métrage «Goha» de Jean Baratier, première coproduction franco-tunisienne, en couleur.
«Chaines d'or» (18') lui avait permis d'aller à la Mostra de Venise et de s'installer à Rome. Prix "Un certain regard" au festival de Cannes en 1958, "Goha" (83) est un film autour de la condition de la femme tunisienne avant l'indépendance dans une société conservatrice patriarcale dans laquelle Claudia cardinale jouait aux côtés de Omar Charif.
Pour sa part, le Centre national du cinéma et de l'image (Cnci), a rappelé l'hommage rendu à Caludia Cardinale à l'occasion de l'ouverture de la cité de la culture en 2018. L'actrice était à l'honneur à l'inauguration de la Cinémathèque tunisienne relevant du CNCI.
Le programme comportait une rétrospective dédiée à la "fille du pays", selon l'expression de l'ancien ministre des Affaires culturelles Mohamed Zine El Abidine. En plus d'une exposition de photos et affiches des films de CC (22-25 mars 2018), il y a eu la projection de ses plus beaux films notamment les deux films tunisiens dans lesquels elle a fait ses premières apparitions sur grand écran.
Claudia Cardinale : « Je suis une fille du pays »
Lors de la cérémonie dhommage de 2018, l'actrice qui avait quitté Tunis pour entamer, dans les années soixante, une carrière européenne puis internationale dans des productions américaines, était émue de retrouver sa "chère Tunisie" avec plein de souvenirs dans sa maison familiale et son jardin italien de bougainvillier et de figue de barbarie."
Elle avait réaffirmé son appartenance en déclarant : "je suis une fille du pays ...un pays que mon coeur n'a jamais quitté ».
" Ma naissance sous le sol tunisien m'a tant donné, ma jeunesse vécue dans le profond respect des peuples et des différences m'a armé contre toute forme d'exclusion. J'ai pu être fière toute ma vie d'être née dans un pays où les femmes se sont battues avant l'heure.
Mohamed Challouf, alors directeur artistique de la cinémathèque tunisienne, avait parlé de la rencontre avec la famille Cardinale lors du tournage du documentaire : « son père Franco et sa mère Yolanda Cardinale nous ont accueilli dans la banlieue de Rome par un couscous dans les règles des traditions tunisienne.
La dernière visite publique de Claudia cardinale à Tunis remonte à 2022 où elle était à l'honneur du 25 au 30 mai sur invitation de la municipalité de La Goulette, la ville de la banlieue de Tunis, où elle a grandi, et de l'association culturelle Piccola Sicilia.
L'actrice était spécialement venue en provenance de Paris où elle résidait depuis longtemps. Durant son séjour, une rue portant son nom lui a été consacrée dans ce quartier témoin des années de gloire et de sa jeunesse.
En coopération avec Piccola Sicilia, le cinéaste italien Marcello Bivona, également natif de Tunis, avait un film sur l'évènement et sur la Goulette. Ce quartier de la banlieue nord de Tunis a toujours été un lieu de coexistence pacifique entre les communautés des trois religions monothéistes.
Cet évènement, largement médiatisée, était organisé en partenariat avec le ministère des Affaires culturelles, le Théâtre de l'Opéra de Tunis, la Cinémathèque tunisienne, le ministère du Tourisme et de l'Artisanat, l'Institut culturel italien de Tunis et l'agence de communication Panorama et l'église Saint-Augustin-et-Saint-Fidèle de la Petite Sicile.