Sénégal: Lutte contre l'extrémisme violent - Les réponses sécuritaires et éducatives de Diomaye Faye

25 Septembre 2025

Face à l'extrémisme violent, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye préconise des approches «sécuritaires mais aussi éducatives et culturelles, afin de déconstruire les idéologies qui nourrissent la haine». Il s'exprimait hier, mercredi 24 septembre 2025, à New York, lors d'une rencontre de l'initiative « En défense de la démocratie : combattre l'extrémisme».

Le chef de l'État a appelé à combattre l'extrémisme violent par des réponses sécuritaires, éducatives et culturelles, afin de déconstruire les idéologies nourrissant la haine. Il participait hier, mercredi 24 septembre 2025, à New York, à une rencontre de l'initiative «En défense de la démocratie : combattre l'extrémisme». «Il faut combattre l'extrémisme violent par des réponses sécuritaires mais aussi éducatives et culturelles, afin de déconstruire les idéologies qui nourrissent la haine», a-t-il proposé.

Ses homologues Gabriel Boric Font (Chili), Luiz Inácio Lula da Silva (Brésil), Yamandú Orsi (Uruguay) et Bajram Begaj (Albanie) ont aussi pris part à cette rencontre, de même que le président colombien, Gustavo Petro Urrego, et le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.

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Bassirou Diomaye Faye a relevé, à cette occasion, trois priorités pour maintenir la démocratie, un «idéal vivant», par «un équilibre constant entre liberté, responsabilité et respect de l'ordre républicain». Selon lui, il faut d'abord «consolider la confiance entre les peuples et les dirigeants», en mettant en place «des institutions indépendantes et justes».

Le président de la République appelle ailleurs à défendre le multilatéralisme face aux logiques de puissance et aux interventions unilatérales. Il a réaffirmé l'importance du dialogue, de l'équité et de la justice sociale, des «conditions essentielles» pour préserver les démocraties et bâtir un monde «plus stable et plus solidaire».

Inquiétude face à la monte du djihadisme en Afrique de l'Ouest et le Sahel

Aujourd'hui, aucune région du monde ne semble épargnée par l'extrémisme violent. En Afrique, particulièrement dans sa partie Ouest et au Sahel, c'est la montée du djihadisme qui préoccupe tous les pays, principalement dans ceux de la Confédérations des Etats du Sahel (AES). Cette crise sécuritaire dans les pays de l'AES menace l'équilibre même du Sahel, depuis plusieurs années. Depuis début janvier 2025, une série d'attaques coordonnées, y compris contre des positions militaires, combinant embuscades meurtrières, explosifs improvisés et assauts armés, perpétrées notamment aux Burkina Fasso et au Mali témoignent de cette montée de la menace.

A la frontière Est du Sénégal, l'attaque meurtrière, tôt le matin du mardi 1er juillet 2025, à Kayes, avec plusieurs villes et des positions de l'Armée dans cette région de l'Ouest du Mali qui ont été visées par des assauts djihadistes coordonnées, inquiète plus d'un. En effet, en plus de la grande ville de Kayes, Nioro du Sahel, Niono, Molodo, Sandaré, Gogui et Diboli ont été la cible de ces extrémistes qui ont lancé des attaques simultanées, facilitées par l'utilisation accrue de drones kamikazes, selon l'Armée malienne. Sans les citer, les autorités de Bamako, tout en félicitant les «vaillants militaires» qui ont «contenu avec succès des attaques terroristes simultanées contre sept localités de notre pays, avant de neutraliser plus de 80 terroristes», ont dénoncé l'implication présumée d'Etats étrangers dans ces attaques récurrentes, soulignant que ces actions terroristes sont «sponsorisés par des Etats et ne visent qu'à entraver la marche de l'EAS».

Et depuis lors, la région reste dans le viseur des terroristes qui multiplient des incursions armées. A titre d'exemple, les djihadistes du JNIM ont attaqué, le 14 septembre dernier, un important convoi de camions-citernes en provenance du Sénégal et qui circulaient en direction de Bamako, sous escorte militaire. Une attaque similaire avait déjà eu lieu samedi. Plusieurs dizaines de ces engins ont été détruits et des militaires seraient tués. Mais l'Armée a affirmé avoir «vigoureusement réagi» à cette attaque.

Déjà, les djihadistes du Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans (GSIM), ont déclaré imposer un blocus dans la région de Kayes, depuis le 3 septembre, perturbant transports et échanges entre le Mali et le Sénégal, d'où proviennent des produits essentiels comme le carburant.

L’ONU préoccupe face à la « détérioration de la situation sécuritaire » dans la sous-région

Cette recrudescence du terrorisme utilisant des technologies de plus en plus sophistiquées, inquiète les Nations unies. Lors de la présentation, le jeudi 7 août 2025, au Conseil de sécurité de l'ONU, du dernier Rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS), le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simão, est revenu sur ces attaques terroristes qui ont pris de l'ampleur dans plusieurs pays du Sahel.

Dans ce document couvrant la période du 1er avril au 31 juillet 2025, M. Simão a fait part de sa préoccupation face à la « détérioration de la situation sécuritaire » dans la sous-région, relevant une recrudescence d'attaques terroristes de grande ampleur et (avec des moyens) de plus en plus sophistiquées au Mali, au Bénin, au Togo et au Nigéria, impliquant notamment l'usage de drones, de communications cryptées et la collusion avec des réseaux criminels transnationaux. «Alors que la propagation vers les États côtiers est déjà en cours, l'inquiétude porte désormais sur son extension», a-t-il averti. Non sans mettre en garde contre le recrutement de jeunes par des groupes extrémistes et l'impact de cette dynamique sur la cohésion sociale.

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