L'insécurité alimentaire est une crise croissante sur le continent africain. Beaucoup de ses populations les plus vulnérables dépendent de l'aide d'urgence, qui ne traite en rien les causes systémiques de la faim généralisée.
Pour Pierre Kremer, Directeur régional adjoint de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), bureau régional, la campagne Afrique Faim Zéro représente quelque chose de totalement différent : un passage de solutions à court terme à un investissement dans des solutions durables à long terme.
Des solutions fondées sur les savoirs locaux
Avec 48 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, plus de 16 000 branches locales et plus de 16 millions de volontaires profondément ancrés dans les communautés, Kremer et ses collègues bénéficient d'un point de vue unique sur la manière dont la faim est vécue - et combattue - en Afrique.
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Quand Kremer parle de lutter contre l'insécurité alimentaire, il ne commence pas par des cargaisons d'aide ou des plans imposés d'en haut. Il commence par les personnes.
« L'objectif est de donner une voix aux communautés, qui sont les mieux placées pour "concevoir" ou co-créer des solutions répondant à leurs besoins multiples, en s'appuyant sur leurs savoirs locaux », explique-t-il.
De cette manière, la campagne Afrique Zéro Faim représente une véritable « banque de solutions » : une collection grandissante d'initiatives éprouvées, menées par les communautés, qui démontrent ce qui fonctionne concrètement contre l'insécurité alimentaire. Qu'il s'agisse de programmes de partage de bétail au Rwanda ou de Clubs des mères au Nigeria, ces solutions sont pratiques, reproductibles et transforment déjà des vies.
« Cette campagne reflète une approche post-aide, axée sur des solutions durables générées par les communautés elles-mêmes », explique Kremer.
Former une coalition de ceux qui veulent agir
Mais pour que ces solutions locales dépassent le cadre d'un seul village ou district, elles ont besoin de plus qu'une simple reconnaissance. Elles nécessitent des investissements, des partenariats et une volonté politique.
« L'objectif est de créer une coalition de volontaires, allant des communautés locales aux gouvernements nationaux et aux acteurs mondiaux, en travaillant aux côtés des institutions africaines, du secteur privé et des agences onusiennes, afin d'intensifier les efforts vers l'objectif Zéro Faim », explique Kremer.
La première phase de la campagne est déjà en cours, avec la documentation d'études de cas, de supports médiatiques et d'histoires communautaires dans six pays prioritaires : le Kenya, l'Éthiopie, le Mali, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe et le Nigéria.
Le plan à moyen terme est d'élargir cette démarche pour en faire une plateforme numérique multi-agences. Ce hub digital servirait de siège à la « banque de solutions », un espace où les Sociétés nationales pourraient déposer leurs initiatives, et où les donateurs, investisseurs et partenaires pourraient entrer directement en contact avec elles.
Ce qui manque, ce ne sont pas les idées, mais bien le soutien nécessaire pour les développer. Créer une banque de solutions offre une plateforme clé en main pour que les gouvernements, les donateurs et les partenaires appuient ce qui fonctionne, directement au niveau communautaire. Pour Kremer, cela nous permettra d'aller au-delà de l'aide et de poser les fondations d'une sécurité alimentaire durable à travers toute l'Afrique.
Façons de s'impliquer
Vous pouvez contribuer à faire passer les solutions communautaires d'une seule communauté à beaucoup d'autres.
Les donateurs peuvent soutenir directement AFrique Faim Zéro et aider à transformer les solutions locales en changements à grande échelle. Et si donner n'est pas une option, vous pouvez tout de même avoir un impact en partageant ces histoires, en suscitant des conversations et en ajoutant votre voix à l'appel pour le Zéro Faim en Afrique.