Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, participe à la 80e Assemblée générale des Nations unies pour faire avancer les priorités du continent en matière de développement et mobiliser des soutiens en vue de la 17e reconstitution des ressources de son guichet de prêts à taux concessionnels, le Fonds africain de développement.
En bonne place de son agenda chargé, figurent notamment le financement du développement, la mobilisation des ressources, le changement climatique, l'architecture financière africaine, les ressources concessionnelles, la fragilité socio-économique, l'intégration régionale ainsi que la paix et la sécurité.
En tant qu'orateur invité dans plusieurs évènements parallèles, M. Ould Tah aura l'opportunité d'exposer sa vision stratégique articulée autour de quatre points cardinaux : atteindre l'autosuffisance et libérer le potentiel de l'Afrique ; réformer l'architecture financière africaine ; transformer la croissance démographique en moteur économique en vue de la création d'emplois pour les femmes et les jeunes ; construire des infrastructures résilientes au climat et créer de la valeur ajoutée.
Depuis dimanche, Sidi Ould Tah s'est entretenu avec des dirigeants et chefs d'État et de gouvernement présents à New York.
Le président du Groupe de la Banque a eu un entretien avec Amina J. Mohammed, vice-Secrétaire générale de l'ONU, sur les perspectives de renforcement de la coopération entre les deux institutions. Le président Ould Tah a salué la résilience et l'engagement de l'Afrique face aux défis actuels, tout en insistant sur la nécessité pour les partenaires du développement de travailler de concert pour bâtir un nouveau système financier africain capable de tirer parti des complémentarités de chacun.
Avec la directrice exécutive de l'UNFPA, Diene Keita, Sidi Ould Tah a affirmé que la santé maternelle était indissociable de sa vision fondée sur les quatre points cardinaux, qui postule notamment la transformation de la démographie africaine en dividende démographique. Il s'agit « d'investir dès aujourd'hui dans les mères et les filles », a-t-il souligné.
Avec le président du Botswana, Duma Gideon Boko, les échanges ont porté sur les priorités stratégiques du pays d'Afrique australe et les opportunités de partenariat avec le Groupe de la Banque. Le président Boko a souligné la nécessité de « diversifier l'économie au-delà du diamant » et « d'investir dans les infrastructures, en particulier l'interconnexion ferroviaire, afin de positionner le Botswana sur les grands corridors commerciaux régionaux ». Pour sa part, M. Ould Tah a insisté sur l'importance de la valorisation des ressources naturelles comme levier de création d'emplois pour la jeunesse africaine.
Dans le cadre d'une réunion bilatérale, Sheikh Shakhboot Nahyan Al Nahyan, ministre d'État aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis a réaffirmé que son gouvernement était « prêt à soutenir la mission de la Banque de toutes les manières possibles » et à renforcer la relation.
Mercredi, le président Ould Tah participe au lancement des nouveaux Accords nationaux sur l'énergie dans le cadre de la Mission 300, une initiative conjointe de la Banque mondiale et du Groupe de la Banque africaine de développement visant à fournir de l'électricité à 300 millions d'Africains d'ici à 2030.
Une réunion trilatérale axée sur les enjeux continentaux est également programmée avec le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, et le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, Claver Gatete.
La 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement aura lieu en décembre prochain. L'une des priorités de M. Ould Tah sera de mobiliser le soutien en faveur du guichet concessionnel du Groupe de la Banque dans un contexte international marqué par la réduction de l'aide au développement. Mardi, Sidi Ould Tah a confirmé que plusieurs pays africains s'étaient engagés à soutenir le Fonds, qui constitue une source de financement essentielle pour 37 pays africains à faible revenu.