C'est parti pour l'acte 3 du Projet « Girl Empowement » (TEDIJO 3). Ce projet porté par CARE Canada et CARE Bénin/Togo, et leurs partenaires, a été lancé ce Jeudi à Kara, chef-lieu de la préfecture de la Kozah et de la Région, en présence des autorités administratives et locales, au rang desquels il y avait le Gouverneur de région, le président du Conseil régional et le Préfet de la Kozah.
Initiative autrefois implémentée au Bénin, ce projet qui s'étend désormais au Togo et qui devra couvrir les régions de la Kara (Préfecture de la Kozah, Binah, Assoli) et la Centrale (Préfecture de Tchaoudjo), vient « répondre aux problèmes de santé rencontrés par les jeunes filles, souvent dus au manque de prise en compte de leurs besoins spécifiques ». Il s'agit d'après les explications données, des besoins relatifs à l' « Accès à l'information et à l'éducation en santé », aux « Services de santé adaptés à leur réalité », à « Un environnement favorable à leur bien-être » et enfin à « Leur implication directe dans les solutions ».
Girl Empowerment vise donc « à contribuer au renforcement de l'autonomisation des adolescentes et jeunes femmes vulnérables ou marginalisées diverses de 10 à 24 ans au Togo et au Bénin ».
A travers différentes interventions au cours de la cérémonie de lancement officiel de TEDIJO 3, ses objectifs et ses actions ont été présenté au public. De même, des clarifications ont été apportées sur les rôles de chaque acteur impliqué (Autorités, Partenaires, Communautés...) et enfin, la volonté manifeste des acteurs à y créer un fort engagement en vue d'assurer son succès.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
« C'est un projet qui a deux volets principaux, un qui lutte contre la violence basée sur le genre, il y a toute une série d'activités de prévention qui vont avoir lieu dans les écoles, dans les centres de santé, dans les communautés avec les partenaires pour lutter contre toute sorte de violence basée sur le genre ; et l'autre, c'est un projet pour l'autonomisation des jeunes filles, c'est le nom du projet, « Girl Empowerment », mais qui vise surtout à faire que ces jeunes filles aient accès à des services de santé, de la reproduction, notamment planning familial et tous les services de santé.
On va travailler à la fois au niveau du renforcement de la connaissance, de les sensibiliser mais aussi au niveau des services de santé pour faire que les services de santé dans les deux régions, et les quatre préfectures où on va travailler puisse accueillir et offrir de bons services à ces jeunes filles », a expliqué le Directeur Pays CARE Bénin/Togo, Guillaume AGUETTANT.
Bras exécutif du projet, la Coordonnatrice du Programme Santé de la mère, de l'enfant et du Jeune à CARE Bénin/Togo, Dr Nadège AHOLOUKPE-BATCHO, est revenue sur le fond même du programme Santé de CARE.
« Le programme Santé, c'est un programme qui a sous sa coupole, 7 différents projets en santé. Et la plupart des projets travaille à susciter au niveau des communautés la demande en termes de susciter les services à travers des jeunes filles et les jeunes femmes qui constituent notre cible phare. Qu'est-ce que nous faisons concrètement avec cette cible, nous travaillons avec elle à travers plusieurs approches, à les amener à maitriser les connaissances en lien avec les questions de santé sexuelle et reproductive, leurs droits en santé sexuelle et reproductive. Nous travaillons notamment avec celles de 15 à 24 ans à mettre en place en milieu scolaire et même non scolaire, des clubs scolaires qui facilitent l'éducation par la Paire. Dans cette éducation par la Paire, nous identifions des jeunes leaders, à qui nous conférons les capacités d'être des leaders dans leur communauté, d'être autonomes, d'assurer la prise de parole en public, de leur conférer des compétences de vie courante et amener ces jeunes à sensibiliser leurs pairs dans les communautés par rapport aux questions de sexualité », a-t-elle confié, avant de poursuivre, « les clubs sont mis en place à travers les encadreurs qui nous identifient un certain nombre de jeunes. Et dans ces clubs nous identifions ce que nous appelons les catalyseurs. C'est ces jeunes leaders qui sont à même de parler et ces jeunes sont maintenant formés sur les thématiques de santé sexuelle et reproductive, comment lutter contre la grossesse, comment gérer l'hygiène menstruelle, comment gérer son cycle menstruel, comment discuter avec ses pairs autour des questions en lien avec la sexualité, à quel âge aller vers des actes sexuels, quels sont les méthodes de contraception, quelles sont méthodes de protection. Nous parlons surtout plus de la double contraception à travers le port du préservatif tant féminin que masculin ».
Et quid des actions à mener ?
A cette interrogation, Dr AHOLOUKPE-BATCHO a avancé, « nous avons plusieurs actions qui sont prévues notamment en communauté, à travers les clubs scolaires, la communauté elle-même, les leaders religieux, les leaders traditionnels, à travers même l'action sociale pour identifier avec nous les femmes victimes de violence basée sur le genre. Au niveau du système sanitaire, nous allons vraiment travailler avec des centres de santé puisque, dès que le projet va travailler à susciter la demande dans les communautés, c'est-à-dire amener les jeunes filles et les jeunes garçons, tous membres de la communauté à savoir quels sont leurs besoins en matière de santé sexuelle et reproductive, nous allons venir maintenant en deuxième niveau accompagner les acteurs sanitaires à ce qu'ils soient prêts à accueillir ces jeunes filles et jeunes femmes et jeunes garçons, en leur donnant des soins puisqu'ils viendront là pour notamment demander d'abord des conseils idoines en lien avec leur sexualité, ils viendront pour des méthodes de contraception, ils viendront pour le suivi des grossesses. Donc un plateau technique adéquat serait mis en place pour nos centres de santé ciblés par le biais des directeurs régionaux de la santé pour pouvoir mener cette activité là au niveau de Kara plus précisément, nous allons plus travailler avec la Direction des actions sociales pour restructurer (...) et pour alléger un tant soit peu le circuit de prise en charge de nos survivantes de VBG. Au niveau des enseignements secondaires et aussi de l'université, nous allons travailler et respectivement dans la mise en place de ces clubs scolaires et aussi dans la recherche et les études qui sont prévus dans la mise en oeuvre de ce projet ».
Et pour une pleine et bonne exécution du projet dans la région de la Kara, il est prévu l'ouverture d'un bureau CARE. « Le besoin vient de s'installer. CARE est présent ici au Togo depuis 1988, et pendant toute une période on a connu une période de financement, d'autres où c'est plus compliqué. Et depuis quelques années on a de nouveau mis des financements, nous-mêmes CARE mais aussi avec des partenaires financiers, et donc là on continue à présenter des projets qu'on a, et de plus en plus dans la zone de Kara et donc on voit une nécessité d'avoir une présence de bureau pour appuyer les projets au niveau administratif, logistique et financier à Kara », a soutenu M. AGUETTANT.
D'une durée de 36 mois, le projet « Girl Empowerment », est financé par la Fondation for a Just Society International (FJSI). Du côté du Bénin, ce sont le Borgou avec les Communes de Nikki et Kalalè et l'Alibori avec les Communes de Karima et Malanville qui en sont les bénéficiaires.