Dans l'approche présidentielle, la mobilisation pour la réussite de la rentrée scolaire et universitaire, sans oublier les centres de formation professionnelle, ne concerne pas uniquement les ministères de l'Education, de l'Enseignement supérieur et de l'Emploi et de la Formation professionnelle.
Elle est avant tout une responsabilité collective impliquant directement la communauté nationale qui a l'obligation de prémunir l'enfant tunisien, du foyer à l'école, contre toutes les formes de délinquance, de déviance et de dépravation.
En parallèle avec la mobilisation citoyenne et étatique pour que la rentrée scolaire, universitaire et du système de la formation professionnelle se déroule dans les meilleures conditions possibles et pour que la rengaine du cahier subventionné cesse à jamais, se poursuit, avec la persévérance escomptée, la campagne nationale contre la spéculation et la montée vertigineuse des prix, à un moment où les bourses des familles tunisiennes ont, plus que jamais, besoin d'un moment de répit.
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Et le Président de la République, tout en insistant sur la nécessité de créer les conditions objectives à l'instauration de la souveraineté éducative, à l'approche imminente des travaux du Conseil supérieur de l'éducation et de l'enseignement censé lancer la très attendue réforme éducative et aussi de l'enseignement (la précision s'impose puisque même les spécialistes oublient de mentionner l'enseignement et se limitent à dire la réforme éducative), ne ménage aucun effort pour appeler ses collaborateurs à saisir que la rentrée scolaire et universitaire ne peut réussir qu'à la condition que l'écolier de Sidi Ali Ben Nasrallah (Kairouan) accède à son école dans les mêmes conditions que son camarade inscrit dans une école de la Cité Ennasr ou de la Cité El Manar.
De plus, le Chef de l'Etat considère que la rentrée scolaire et universitaire ne concerne pas uniquement les ministères de l'Education et de l'Enseignement supérieur. Elle est aussi l'affaire du ministère de l'Intérieur dont la responsabilité en matière de préservation de la sécurité physique et sanitaire de nos enfants et de nos étudiants et étudiantes est lourde à plus d'un égard.
Dans la mesure où les alentours de nos écoles, de nos lycées et de nos facultés dans la capitale et dans les régions les plus éloignées géographiquement du pays sont infestés quotidiennement de dealers et de vendeurs de drogue, des plus douces à celles qui causent la mort subite.
Et dans le mesure également où ces vendeurs de la mort agissent dans l'impunité, rassurés qu'ils ne peuvent être inquiétés du fait que les milieux où ils évoluent ne bénéficient pas de la sécurisation qu'il faut ou que les victimes ont, malheureusement, appris à se taire pour éviter les représailles de ces mêmes dealers et leurs sbires dont -- il faut avoir l'audace de le dire -- la plupart appartiennent aux écoles ciblées.
Donc, le Chef de l'Etat n'hésite pas à pointer doigt les véritables plaies dont souffre l'école, ne se limitant pas au manque de salles de permanence ou de professeurs et instituteurs refusant d'exercer dans le rif pour manque de salons de thé ou de centres de bowling. Il attire l'attention sur les priorités, celles de sécuriser l'écolier quand il quitte son foyer pour rejoindre son école en lui offrant les moyens de transport qu'il faut, en lui assurant la présence de l'enseignant conscient qu'il assume une mission militante et non une corvée contre laquelle il perçoit un salaire qu'il estime le plus souvent en deçà de ses compétences.
Lesquelles compétences peuvent rester sans évaluation pédagogique crédible, dans la mesure où périodiquement, les inspecteurs refusent eux aussi d'assumer leurs fonctions en invoquant le retard accusé par le ministère pour leur verser les primes de transport ou du panier. Alors que des centaines d'écoles, de lycées et aussi de facultés et d'instituts d'enseignement supérieur et aussi de centres de formation professionnelle manquent des commodités nécessaires pour fonctionner normalement.
En recevant les ministres concernés par la rentrée, le Président s'est adressé à l'ensemble des Tunisiens pour leur dire que la bataille pour la rénovation de l'école tunisienne et pour sa mise sur les rails de la modernité se poursuit en dépit des vaines tentatives de ceux et de celles qui ont décidé de saboter le processus national d'édification et de construction d'un avenir meilleur au profit de tous, sans exception ni marginalisation, y compris les renégats, à condition qu'ils reviennent à l'évidence, s'excusent de leurs erreurs et se libèrent effectivement des agendas des parties étrangères qui leur dictent ce qu'ils ont à faire pour torpiller la marche nationale sur la voie du progrès et de la prospérité.