Sénégal: Des fonctionnaires relèvent l'impact des défaillances des entreprises contractantes sur l'investissement public

Dakar — Les défaillances des entreprises dans la réalisation des projets d'investissement public compromettent la qualité des infrastructures et entravent, par conséquent, l'efficacité de l'action publique, a relevé Djibril Wone, conseiller technique du ministre des Finances et du Budget, jeudi, à Dakar.

"Le constat est sans appel. Il y a un retard et une certaine défaillance attribués aux entreprises dans la réalisation des projets d'investissement public, ce qui compromet la qualité des infrastructures [...] et, par voie de conséquence, l'atteinte des objectifs de développement de notre pays", a signalé M. Wone.

Il intervenait à une réunion de présentation des résultats provisoires d'une étude consacrée aux défaillances des entreprises attributaires de marchés publics, à l'initiative de la direction chargée de la coopération au ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération.

Selon Djibril Wone, les retards d'exécution des projets et les défaillances des entreprises chargées de les réaliser engendrent des surcoûts et la prolongation de la durée des projets, ce qui entraîne parfois des avenants.

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Il a tenu à préciser que ces manquements ne sont pas imputables seulement aux entreprises contractantes.

La direction générale du budget et la direction de l'ordonnancement des dépenses publiques, placées toutes les deux sous la tutelle du ministère des Finances et du Budget, peuvent également être concernées par les défaillances et les retards, selon Djibril Wone.

"Nous mesurons [la responsabilité qui est la nôtre] dans les retards", a-t-il dit en signalant que les défaillances fragilisent la trésorerie des entreprises chargées de réaliser les investissements publics et impactent leur capacité à honorer leurs engagements.

Le directeur chargé de la réglementation et des affaires juridiques à l'Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), Baye Samba Diop, s'est réjoui de la réflexion menée au cours de cette rencontre pour identifier les causes des retards et défaillances des entreprises et d'y remédier.

"La commande publique représente près de 19 % du PIB du Sénégal, ce qui en fait un levier majeur de développement et un outil stratégique de gouvernance", a souligné M. Diop.

L'expérience de l'ARCOP l'autorise à dire que "les défaillances découlent très souvent d'une mauvaise conception du dossier d'appel d'offres", a-t-il dit.

"Très souvent, les défaillances découlent d'une mauvaise sélection de l'entreprise censée réaliser le marché", a relevé Baye Samba Diop, ajoutant : "Les défaillances peuvent survenir aussi lors de l'exécution des projets."

Les entreprises contractantes sont souvent confrontées à des problèmes de trésorerie, ce qui peut retarder le démarrage et l'exécution des travaux, selon le directeur chargé de la réglementation et des affaires juridiques de l'ARCOP.

Même si "des entreprises allèguent avoir des lignes de crédits au moment du démarrage des travaux, le défaut de fonds nécessaires pour entamer les projets constitue une source de problème", a-t-il observé.

En plus, "une fois que les travaux sont entamés, leur redimensionnement peut être une source de retard", a signalé M. Diop.

Selon lui, ces manquements susceptibles de survenir à différentes étapes de l'exécution des projets d'investissement public ont poussé l'ARCOP à entreprendre des réformes, dans le sillage de la Stratégie nationale de transformation systémique et du Plan de redressement économique et social.

"Le plus important n'est plus seulement d'adopter des textes, mais de garantir leur mise en oeuvre effective et de faire de la commande publique un instrument de croissance, d'équité et de transformation structurelle de notre économie", a poursuivi Baye Samba Diop.

Les défaillances des entreprises intervenant dans la mise en oeuvre des projets et programmes d'investissement public découlent de plusieurs facteurs, note Gorgui Fall, le directeur de cabinet du ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération.

M. Fall a cité, parmi les conséquences des retards et défaillances, la prolongation des délais d'exécution et l'alourdissement des coûts, lesquels peuvent "déteindre sur la qualité [...] des réalisations".

"Cela va à l'encontre des objectifs de l'État en matière de réalisation d'infrastructures mais également de prestation de services publics", a-t-il signalé en présidant la rencontre.

La banque publique allemande KfW, partenaire de l'État du Sénégal, a financé l'étude qui a fait l'objet de cette rencontre du ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération. Cette étude a été menée par le cabinet allemand Projekt-Consult GmbH, dans le cadre d'un projet d'assistance destiné à l'État sénégalais, financé sous forme de don avec 5 millions d'euros (3,2 milliards de francs CFA) du même établissement bancaire.

Le représentant de la KfW à la réunion de présentation de l'étude dit être convaincu que "le bon déroulement des marchés publics est un facteur de [...] développement pour un pays".

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