Ile Maurice: Ashik Jagai back to cell

26 Septembre 2025

Il était un peu plus de 13 heures, hier, lorsque l'ancien surintendant de police, Ashik Jagai, a franchi les grilles de la cour de Port Louis Sud. Menottes aux poignets, visage fermé, il avançait d'un pas mesuré, encadré par une armada policière. Des éléments lourdement armés de la Special Support Unit (SSU) et du Groupement d'intervention de la police mauricienne formaient un cordon serré, tandis que des officiers en civil quadrillaient les alentours.

Cette mise en scène traduisait la gravité du moment. Moins nombreux que lors de la récente comparution de l'ancien commissaire de police Anil Kumar Dip, les spectateurs présents n'ont pas manqué de manifester leur émotion. Dans les couloirs, certains observaient en silence, d'autres échangeaient des regards lourds de sous-entendus, comme si ce procès symbolisait plus que le sort d'un homme : celui d'une institution fragilisée.

La Financial Crimes Commission (FCC) a sollicité un délai supplémentaire afin de rassembler des éléments dans l'affaire d'interférence reprochée à l'officier. Il est soupçonné d'avoir tenté d'influencer un comptable dans le cadre d'une enquête de blanchiment visant son fils, Allysaheb Jagai.

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L'acting enquêteur-en-chef de la FCC, Salim Abdool Raman, a indiqué que l'équipe a déjà entendu sept témoins, sécurisé des enregistrements de caméras de surveillance et obtenu la déclaration de défense d'un suspect. D'autres protagonistes identifiés sur ces images devront être auditionnés avant que Jagai ne soit confronté à l'ensemble des éléments.

Face à ces développements, l'avocat de la défense, Me Raouf Gulbul, n'a pas insisté sur sa motion de remise en liberté conditionnelle, admettant que l'enquête nécessitait davantage de temps. Toutefois, il a invité la FCC à examiner la base légale des poursuites, faisant valoir que l'accusé ne saurait être poursuivi deux fois pour les mêmes faits en vertu de la section 46 de l'Interpretation and General Clauses Act.

À sa sortie, la tension est montée d'un cran. Derrière les boucliers de la SSU, plusieurs voix se sont élevées : «Karma !», ont crié des citoyens en apprenant que Jagai retournait en cellule. Le mot a résonné comme une sentence populaire, une justice morale venant s'ajouter à celle des tribunaux.

Ashik Jagai est également mis en cause dans l'affaire de Reward Money, portant sur plus de Rs 86 millions de paiements jugés indus à des informateurs. Il lui est reproché d'avoir enfreint ses conditions de remise en liberté dans ce dossier. L'affaire a été renvoyée au 30 septembre, à 14 heures

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