Cote d'Ivoire: Forum de l'intégrité de l'information - La désinformation, une menace pour les démocraties

26 Septembre 2025

Au Forum de l'intégrité de l'information, le professeur Simplice Yodé Dion a livré une leçon inaugurale sur les dilemmes éthiques et les défis technologiques liés à la désinformation, particulièrement en période électorale.

« L'élection est un moment de passions, donc un moment à surveiller », a lancé d'emblée le professeur titulaire des universités, invité à ouvrir la rencontre tenue le 25 septembre 2025, à Abidjan-Cocody. Dans un exposé dense, l'expert en gouvernance démocratique et engagement citoyen a dressé les contours d'une menace grandissante : la désinformation et les discours de haine, des « virus » capables de miner la confiance démocratique.

Il a souligné un dilemme crucial : préserver la paix au prix de restreindre l'expression, ou défendre la liberté au risque de fragiliser la cohésion sociale. « Trop de régulation sacrifie la démocratie, trop de liberté menace la paix », a-t-il illustré. À l'ère de la « buzzocratie », où « le buzz fait exister », la viralité incontrôlée des intox, amplifiée par l'intelligence artificielle, crée, selon lui, un environnement où le faux se confond avec le vrai.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

À travers des exemples frappants, le philosophe a rappelé la responsabilité individuelle des citoyens : « Ne soyez pas Adam (syndrome d'Adam), qui accuse autrui ; assumez vos actes. » Il a également mis en garde contre le syndrome d'OEdipe, cette dérive des instincts sur les réseaux, et contre l'anticonformisme négatif incarné par Diogène, qui pousse certains à sacrifier leur crédibilité au risque de tomber dans une société « imbécilogène ».

Le professeur a rappelé qu'en 2020, la mauvaise utilisation des réseaux sociaux avait contribué à un lourd bilan : 85 morts et 485 blessés, sans compter les violences amplifiées par la circulation incontrôlée des rumeurs. Pour lui, « être libre, ce n'est pas faire n'importe quoi, mais répondre de ses actes ».

Avant cette leçon, Mbasso Ouattara, représentant le ministre de la Communication et des Médias, a rappelé la politique du gouvernement ivoirien dans la lutte contre la désinformation, à travers son programme « Tous en ligne responsable ».

Mel Aké Cristiano, secrétaire général de l'Observatoire ivoirien des droits de l'Homme (Oidh), organisateur de l'événement, ainsi que ses partenaires techniques et financiers - Affaires mondiales Canada et le Ndi Côte d'Ivoire -, sans oublier les représentants de l'Autorité nationale de la presse (Anp), du Conseil national des droits de l'Homme (Cndh) et des organes de régulation de l'espace numérique, ont réaffirmé leur volonté commune d'assainir l'espace informationnel.

Enfin, un panel d'experts a prolongé la réflexion sur les défis de la cohésion sociale et de la résilience citoyenne à l'approche d'une présidentielle cruciale. Avec plus de 12 millions d'internautes, la Côte d'Ivoire s'apprête à vivre le 25 octobre 2025, une élection décisive. Plus que jamais, il faudra vérifier la source des informations et réfléchir avant de les partager.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.