Cameroun: Crise anglophone au pays - Le discours du minat en décalage avec la réalité sécuritaire

26 Septembre 2025

Alors que le ministre de l'Administration territoriale (MINAT) lance un appel aux populations des régions anglophones à défier les opérations « ville morte » et à ne pas craindre les « Amba Boys », son propre déplacement sous haute escorte militaire et derrière les barricades de son ministère illustre un décalage sécuritaire saisissant.

Cet écart entre un discours officiel appelant au courage civil et les mesures de protection extrêmes entourant les autorités soulève des questions sur la perception du conflit par le gouvernement camerounais. La situation sur le terrain, documentée par des organisations internationales, demeure extrêmement tendue, marquée par des exactions commises par toutes les parties prenantes.

La crise anglophone au Cameroun, qui a débuté en 2016 par des revendications corporatistes avant de basculer dans un conflit armé, a déjà causé plus de 6 000 morts et contraint des centaines de milliers de personnes à fuir leur foyer .

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Les violences dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont le fait des forces de sécurité gouvernementales, des milices et des groupes séparatistes armés, plongeant les civils dans une insécurité chronique . Les récentes déclarations du MINAT, perçues comme incendiaires par une partie de la population, interviennent dans un contexte où toute parole publique peut avoir des conséquences directes sur la sécurité des citoyens.

Le traitement médiatique du conflit est d'ailleurs souvent entravé, les journalistes et défenseurs des droits de l'homme faisant face à des représailles pour avoir documenté les atrocités . Cette contradiction entre l'injonction à reprendre une vie normale et le maintien d'un dispositif sécuritaire renforcé pour les dirigeants questionne la stratégie gouvernementale et sa réelle appréciation des risques encourus par les populations locales, qui continuent de subir au quotidien les affres de cette guerre oubliée.

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