Madagascar: Violences et insécurité - Coup de massue pour le tourisme

Le secteur touristique traverse une nouvelle épreuve. L'insécurité qui secoue Antananarivo depuis le 25 septembre frappe un secteur déjà fragilisé par 2009 et le Covid-19.

Les manifestations sociales, détournées en actes de vandalisme et de pillages, touchent directement les entreprises du secteur. Un hôtel situé dans la capitale a même été attaqué, des images inédites qui choquent l'opinion et dégradent l'image du pays à l'international.

Le président de la Confédération du Tourisme, Tojo Lytah Rafimahefa, tire la sonnette d'alarme : « Le tourisme fonctionne avec les étrangers. Mais sans sécurité ni assurance, les voyageurs annulent en masse. Les ambassades n'hésitent pas à déconseiller la destination, et cela suffit à faire fuir les marchés. »

Cette insécurité survient en pleine haute saison. L'aéroport d'Ivato avait accueilli 975 000 passagers en 2024, soit une progression de 14 % par rapport à 2023. La prévision pour 2025 atteignait 1,1 million. Mais déjà, des vols sont annulés ou redirigés vers Maurice, comme ceux d'Air France, et Ravinala Airports avertit les passagers de potentielles perturbations. Une spirale inquiétante qui compromet les efforts de relance engagés après la pandémie.

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Une confiance à reconstruire

Derrière ces chiffres, c'est tout le secteur privé qui vacille. Hôtels, agences de voyages, restaurateurs et guides dépendent de la confiance des marchés extérieurs. Nosy Be, première destination du pays, accueillait jusqu'à 400 touristes par semaine grâce aux charters. Aujourd'hui, la dynamique retombe brutalement, plongeant des centaines d'entrepreneurs et de salariés dans l'incertitude.

« Le tourisme est fragile. Les investisseurs internationaux ne viendront pas si nos propres entreprises sont pillées », constate Rafimahefa. Il rappelle qu'après la crise de 2009, il avait fallu dix ans pour retrouver des chiffres positifs. Après le Covid, une relance encourageante était amorcée. Mais la spirale est relancée : inflation, pertes d'emplois, fiscalité toujours lourde pour un secteur déjà exsangue.

Madagascar est une destination réceptive, dépendante de marchés clés comme la France et La Réunion. Nosy Be, premier pôle touristique du pays, accueillait jusqu'à 400 visiteurs par semaine grâce aux vols charters. Mais cette dynamique retombe brutalement.

Pour y faire face, une cellule de crise a été mise en place afin de coordonner les informations et éviter les rumeurs. La Confédération appelle surtout à des mesures urgentes : sécuriser la population et les infrastructures, aider les entrepreneurs, préserver les emplois, et alléger la pression fiscale. « Sans volonté politique forte, nous ne pourrons pas rassurer les marchés. Cela prendra des années et des efforts colossaux », prévient-il.

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