L'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (Unjci), en collaboration avec la Fondation Hirondelle, une Ong suisse spécialisée dans l'appui aux médias, a organisé les 22 et 25 septembre 2025, une formation à l'intention d'une trentaine de journalistes de la presse et des médias numériques, à la Maison de la presse d'Abidjan-Plateau.
Au coeur de cette formation, qui s'est déroulée en deux sessions de deux jours chacune : la lutte contre la manipulation et l'ingérence de l'information étrangère (Foreign information manipulations and interference, en abrégé Fimi). Cette initiative intervient en prélude à l'élection présidentielle ivoirienne prévue le 25 octobre 2025.
Selon Anderson Diedri, l'expert chargé de la formation, l'objectif est de fournir des outils pratiques pour identifier, cartographier et analyser les manipulations de l'information et les interférences étrangères ; renforcer la production journalistique, et sensibiliser le public à la désinformation et les manipulations extérieures.
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Concrètement, les initiateurs entendaient amener les professionnels des médias à intégrer dans leur travail quotidien la veille informationnelle, le monitoring et le fact-checking sur les Fimi, mais aussi à produire des contenus journalistiques pour contrer la désinformation et protéger l'intégrité du processus électoral.
Ces sessions ont permis aux journalistes et communicants de cerner les techniques et opérations d'influence ainsi que leur impact sur les processus démocratiques. « Les opérations d'influence visent à perturber les processus électoraux. Si des cyberactivistes publient régulièrement des informations tendant à relever des faiblesses, avérées ou non, de la Commission électorale, c'est bien parce qu'ils entendent discréditer l'institution et, par ricochet, tout le processus électoral. Ces activistes comptent jeter la confusion dans la population, semer le doute sur la légitimité, la crédibilité et la fiabilité du vote. Ils cherchent à créer la méfiance des populations envers leurs gouvernements et les institutions, afin d'alimenter la haine, la polarisation, la radicalisation et la violence », a indiqué Anderson Diedri.
À l'en croire, ces propagateurs d'intoxication informationnelle utilisent les unes de médias de renommée ou de personnalités publiques pour légitimer leurs narratifs nocifs. D'où la vigilance permanente que doivent observer les journalistes, notamment en recourant aux recherches par image inversée. Cette technique permet de retrouver l'origine, le contexte et la date de publication d'une information - qu'il s'agisse d'une vidéo, d'un son, d'une photo ou d'un texte.
L'expert de la Task force for election integrity (Eitf) a, par conséquent, recommandé aux journalistes d'enquêter et de documenter les cas de Fimi. Cela passe par la veille informationnelle, l'analyse et la cartographie des opérations d'influence à l'aide du cadre Disarm/Abcde, le fact-checking sans oublier l'éducation aux médias.