Afrique: À l'ONU, le Togo appelle à un multilatéralisme plus juste et inclusif

27 Septembre 2025

Lors de son intervention à l'Assemblée générale des Nations Unies vendredi, Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, a livré un plaidoyer fort pour une réforme du multilatéralisme, la justice pour les peuples africains, et la reconnaissance des crimes historiques comme le génocide contre les peuples africains.

Saluant les efforts du Secrétaire général de l'ONU pour redonner de la vigueur à l'organisation, le ministre a souligné que l'efficacité des Nations Unies est aujourd'hui menacée par le retour de la loi du plus fort.

« Dans un contexte international de grande confusion, où tout semble sens dessus dessous, il n'est pas facile d'être Secrétaire général de l'ONU. C'est pourquoi le Togo vous apporte tout son soutien », a-t-il déclaré.

M. Dussey a mis en avant les progrès significatifs du Togo dans la mise en oeuvre des Objectifs de développement durable (ODD).

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Le pays a fait de l'Agenda 2030 une boussole stratégique pour l'ensemble de ses politiques publiques.

À travers la feuille de route gouvernementale 2020-2025, basée sur quatre piliers -- social, économique, environnemental et gouvernance -- le Togo affiche des résultats concrets :

90,7 % de la population avait un accès géographique aux soins de santé en 2023, contre seulement 19,3 % en 2020

86 % des Togolais avaient accès à l'eau potable en 2024, contre 26 % en 2020

Malgré ces progrès, le chef de la diplomatie a alerté sur les risques sécuritaires croissants liés à l'expansion du terrorisme dans la région sahélienne et en Afrique de l'Ouest.

« Les efforts du Togo pour se moderniser ne sont pas à l'abri des menaces terroristes qui pèsent sur toute la région », a-t-il averti.

Plaidoyer pour la justice réparatrice et la décolonisation des mentalités

Dans un discours chargé d'humanisme et d'exigence historique, le ministre a salué le choix de l'Union africaine pour l'année 2025 : « Justice pour les Africains et les personnes d'ascendance africaine, par les réparations ».

Robert Dussey a rappelé que l'Afrique attend des réparations pour les quatre siècles de traite transatlantique des esclaves et pour les décennies de colonisation. Il a évoqué la dynamique engagée lors du Deuxième Sommet Afrique-CARICOM, qui a renforcé la volonté commune de poursuivre la justice réparatrice.

« Il existe une soif amère de justice sur le continent africain », a-t-il martelé.

Robert Dussey a également appelé à une correction de la représentation géographique de l'Afrique sur les cartes du monde, dénonçant une cartographie héritée d'une vision coloniale.

« La géographie doit être décolonisée », a-t-il insisté.

Enfin, il a exhorté les Nations Unies à aller plus loin dans la reconnaissance des crimes historiques : la traite négrière, l'esclavage, la colonisation et la déportation doivent être qualifiés non seulement de crimes contre l'humanité, mais aussi de génocide contre les peuples africains.

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