Sénégal: En marge de la 80e assemblée générale des nations unies - Bassirou Diomaye Faye sur france 24 : « Les excuses sont essentielles » au sujet du massacre de Thiaroye

27 Septembre 2025

À New York, en marge de la 80e Assemblée générale des Nations Unies, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a accordé un entretien exclusif à France 24. Il y a abordé des thèmes majeurs : la mémoire et la réconciliation avec la France autour du massacre de Thiaroye, la nécessaire réforme inclusive des Nations Unies, la redéfinition des relations franco-sénégalaises dans un esprit de souveraineté apaisée, la transparence économique face à la « dette cachée », ainsi que la primauté d'une justice équitable, garante de la stabilité politique interne.

Le chef de l'État a réaffirmé l'impérieuse nécessité de faire toute la lumière sur le massacre de Thiaroye (1eᣴ décembre 1944), afin de « permettre un apaisement durable des relations entre la France et le Sénégal ». S'il a salué le « courage politique » du président Emmanuel Macron pour avoir reconnu officiellement qu'il s'agissait d'un massacre, il a néanmoins rappelé que « des efforts restent à faire » pour un accès complet aux archives, certaines demeurant classées secret défense.

Quant à la question des réparations, il a précisé que l'essentiel résidait moins dans l'aspect financier que dans la justice morale due aux tirailleurs « qui ont combattu pour libérer la France » et dont certains furent tués pour avoir réclamé leur dû. « Les excuses officielles sont importantes », a-t-il insisté.

Place de l'Afrique dans l'ONU

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Évoquant la gouvernance mondiale, le président sénégalais a déploré « l'impuissance des Nations Unies » face aux crises actuelles, notamment à Gaza et en Ukraine. Il a rappelé qu'une résolution votée par 145 pays avait été bloquée par un seul, illustrant les limites du système actuel. Il a plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité plus inclusive, affirmant que l'Afrique devait obtenir « au moins deux sièges permanents », au même titre que l'Amérique latine, car « on ne peut ignorer l'Afrique au regard de son poids démographique et géopolitique ».

Sur le plan bilatéral, Bassirou Diomaye Faye a assuré que les relations entre Dakar et Paris étaient « plus sereines ». Il a rappelé que la décision de mettre fin à la présence militaire française au Sénégal ne signifiait pas une rupture, mais une affirmation de souveraineté : « 65 ans après l'indépendance, nous ne pouvions plus accepter de bases militaires étrangères sur notre sol ».

Le président a par ailleurs annoncé la tenue, en novembre prochain à Dakar, du séminaire intergouvernemental sénégalo-français, témoignant de la continuité d'un partenariat économique et diplomatique « important et diversifié ».

Transparence économique et « dette cachée »

Sur le plan économique, le chef de l'État a évoqué la découverte d'une « dette cachée » estimée à plus de 7 milliards de dollars. Il a insisté sur la volonté de son gouvernement de respecter la loi sénégalaise en matière de transparence financière, tout en appelant le FMI à « presser le pas » afin de clarifier rapidement la situation et de rassurer les partenaires internationaux.

Justice et stabilité interne

Interrogé sur d'éventuelles poursuites visant des responsables de l'ancien régime, y compris l'ex-président Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que « l'ordre public et la paix civile reposent sur une justice équitablement rendue ». Insistant sur la distinction entre vengeance et justice, il a garanti que « nul ne saurait être présumé coupable » et que toute procédure se déroulerait « dans la sérénité, devant des juges indépendants ».

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